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Pourquoi la France se retrouve dans le viseur des marchés, Actualités

Les taux de marché s’écartent grandement de ceux de l’Allemagne. La dette française a été contaminée par la flambée des taux italiens. Paris peine à rassurer les marchés.

Dans les salles de marché, l’inquiétude est encore montée d’un cran sur la France. En privé, certains grands gestionnaires de fonds confient qu’ils ne veulent plus toucher à la dette française en ce moment. Indirectement, mais clairement, la France est en train d’être contaminée par la crise des dettes souveraines de la zone euro. Depuis plusieurs jours, elle voit ses taux de marché s’écarter grandement de ceux de l’Allemagne, la référence en Europe. Jeudi, cet écart (ou « spread ») a même atteint 170 points de base, un niveau record, impensable il y a encore quelques mois.

L’incroyable bourde de Standard & Poor’s, qui a envoyé par erreur un message d’alerte de dégradation de la note française, démenti une heure plus tard (lire page 31), y est certes pour beaucoup. Dès vendredi, l’heure était d’ailleurs à la détente sur le marché obligataire, et le « spread » français revenait à 150 points de base. Mais pour un pays noté AAA, un tel niveau reste très élevé. Concrètement, cela signifie que l’Hexagone va devoir offrir 1,5 % de plus que son voisin allemand pour placer sa dette auprès des investisseurs. Avant la crise, l’écart était quasi nul. Début juin, il était inférieur à 30 points de base. L’écart s’est aussi creusé avec d’autres pays européens notés AAA : il atteint par exemple 110 points de base avec l’Angleterre et plus de 100 points de base avec les Pays-Bas.

Craintes pour l’avenir du FESF

Comment en est-on arrivé là ? La hausse de la prime de risque française est d’abord liée au sort de la dette italienne. Les déboires de Silvio Berlusconi ces derniers jours ont entraîné une flambée des taux de la péninsule, au-delà des 7 %. Cela a accéléré les craintes de voir Rome réclamer une assistance financière extérieure. Or « le AAA de la France et celui du FESF [Fonds européen de stabilité financière, NDLR] ne survivraient pas bien longtemps à cette éventualité », souligne Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo. Paris apporte la deuxième garantie au FESF, derrière l’Allemagne. Et les banques françaises sont les plus exposées d’Europe aux obligations italiennes, même si elles ont vendu une partie de leurs titres ces dernières semaines (lire page 32).

A cela s’ajoutent des raisons plus fondamentales. La France est jugée par les marchés sur sa capacité à atteindre ses objectifs de réduction du déficit budgétaire. A cet égard, le nouveau plan d’austérité présenté par Bercy il y a une semaine a démontré la détermination du gouvernement à défendre le AAA et à respecter l’objectif d’un déficit de 4,5 % du PIB en 2012. «  Ce nouveau package était plus ambitieux que prévu et contenait en plus des mesures qui porteront leurs fruits à long terme », souligne Dominique Barbet, économiste de marché chez BNP Paribas.

Mais les mesures annoncées reposent sur une hypothèse de croissance à 1 % pour 2012, qui est encore jugée bien optimiste. Un ralentissement plus sévère, voire une rechute en récession de l’économie française, porterait à nouveau un sérieux coup aux objectifs du gouvernement. Les agences de notation pourraient déclasser la note de la France - pas par erreur cette fois-ci. Et c’est l’ensemble des dispositifs de secours européen qui serait alors mis à mal.

GUILLAUME MAUJEAN

 

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Banques : la vérité sort de la bouche des candides – Challenges.fr

En déclarant que certaines banques européennes n’ont pas bien provisionné le risque grec, l’ex-ministre néerlandais qui dirige l’organisme en charge de l’élaboration des normes comptables internationales a mis les pieds dans le plat. Au grand dam des experts.

Hans Hoogervorst, ministre des finances hollandais, puis patron du gendarme des marchés dans son pays dirige aujourd'hui l’International Accounting Standards Board. (Sipa) Hans Hoogervorst, ministre des finances hollandais, puis patron du gendarme des marchés dans son pays dirige aujourd’hui l’International Accounting Standards Board. (Sipa)

Qui est donc Hans Hoogervorst, l’homme qui ose écrire que « certaines banques europeennes n’ont pas provisionné correctement le risque grec ? » Tout nouveau à la tête de l’International Accounting Standards Board (il a été nommé en juillet 2011), l’homme qui décide de l’élaboration des normes comptables internationales avoue lui-même qu’il n’est pas un « technicien ».

Savoir poser des questions basiques 

Tout s’explique, diront les banquiers en chœur : ce profane ne comprend rien à notre comptabilité ! Ministre des finances hollandais, puis patron du gendarme des marchés dans son pays Hoogervost, l’homme n’est pas un plaisantin mais a prévenu dés son arrivée dans un courrier officiel (à lire en cliquant ici) : « Quelquefois, on a besoin d’un « outsider » qui pose les questions basiques, par exemple, pourquoi fait-on ça comme ça ? ». Et après tout, pourquoi ne pas poser simplement la question : puisque la Grèce est en faillite, pourquoi les banques ne ramèneraient-elles pas la valeur de leurs obligations grecques à zéro dans leurs comptes ? Hoogervost n’est pas allé jusque là, mais il a ouvert le débat.

L’histoire se répéterait-elle ?

Ceci rappelle comment est né aux Etats-Unis le fameux Glass-Steagall Act (séparation entre banque de détail et banque d’investissement) en 1933. C’est Ferdinand Pecora, jeune procureur de New York, émigré italien, ne connaissant rien aux techniques financières, qui instruit le dossier des banques, en le plaçant sur le plan moral. A l’époque, les banquiers américains pratiquaient haut la main la corruption de fonctionnaires, certains finançaient les partis de Hitler et Mussolini, et tous réussissaient à échapper à l’impôt.

En convaincant l’opinion qu’il fallait une réforme profonde du système bancaire, le procureur a permis le vote du Glass-Steagall Act. Pecora et Hoogervorst même combat ? Une chose est sûre : méfions-nous des experts en nous rappelant que c’est un amateur qui a construit l’Arche de Noé et un expert qui a fait les plans du Titanic…

Irène Inchauspe

viaBanques : la vérité sort de la bouche des candides – Challenges.fr.

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