La croissance américaine meilleure que prévue fin 2011, Actualités
Le PIB américain a été légèrement révisé à la hausse au quatrième trimestre 2011. Mais sur l'ensemble de l'année, la hausse de la croissance reste inchangée à 1,7 %. Et les perspectives demeurent fragiles.
Beaucoup de bruit pour rien ? On peut se poser la question en voyant la réaction des marchés et des investisseurs aux derniers chiffres de la croissance américaine. Bien sur, celle-ci a été révisée en hausse pour le quatrième : elle atteint désormais 3 % en rythme annuel par rapport au dernier trimestre de 2010, soit une révision de 0,2 point.
C'est mieux que ce qu'attendaient les analystes qui tablaient sur une estimation inchangée, mais c'est insuffisant pour véritablement changer la photographie de l'économie américaine sur l'ensemble de l'année écoulée. Mais, en dépit de cette révision, le chiffre de la croissance américaine pour l'ensemble de l'année 2011 reste inchangé à 1,7% en moyenne.
Autre raison d'être prudent après cette publication, le détail des résultats du quatrième trimestre montre que c'est avant tout la reconstitution des stocks des entreprises qui a assuré près des deux tiers de la croissance américaine. D'une part cette reconstitution intervient après un troisième trimestre particulièrement sombre (les stocks avaient alors reculé pour la première fois depuis fin 2009). D'autre part, vue la fragilité des perspectives de croissance internationales, rien ne dit que cela continuera d'être un des moteurs de la croissance dans les mois qui viennent. Même si dans le le même temps les perspectives de consommation des ménages semblent s'améliorer. Car si consommation des ménages a progressé de 2,1% en rythme annuel par rapport au trimestre précédent, soit mieux qu'au troisième (+1,7%) ou au deuxième trimestre (+0,7%), elle reste contrainte par la hausse très lente des revenus.
Et les perspectives pour les prochains mois restent peu encourageante. En tous cas loin de l'optimisme affiché des marchés financiers. En début de semaine, deux organisations américaines, la NABE (Association nationale pour l'économie d'entreprise ) et la MAPI ('Alliance des industriels pour la productivité et l'innovation), ont publié des prévisions de croissance pour les Etats-Unis sensiblement inférieures à celles des autorités de Washington pour 2012 et 2013. Alors que ‘administration américaine table sur une hausse du PIB de 2,7 % puis 3 %, ces deux organisations s'avèrent moins optimistes.
La NABE qui s'appuie sur une enquête prospective menée auprès de quarante-cinq économistes estime que la croissance américaine sera de 2,3% en 2012 et de 2,8% en 2013. De son côté la MAPI table sur des progressions de 2,2% en 2012 et de 2,4% en 2013. Mais au final elles s'avèrent bien plus optimistes que le Fonds monétaire international, qui table désormais sur une croissance de 1,8% pour les Etats-Unis en 2012, et de 2,2% en 2013
Et ce mercredi, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, n'a pas manqué de souligner qu'une croissance inférieure à 2,7 % sera insuffisante pour régler de manière satisfaisante la situation du chômage.
CLAUDE FOUQUET
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Cette nuit en Asie : Tokyo face à sa dette, Foxconn et ses « animaux », Elpida cherche un allié…
Tokyo ne tiendra pas ses objectifs de désendettement
Le gouvernement japonais a reconnu, ce matin, qu’il ne réussirait probablement pas à rééquilibrer son budget d’ici l’année fiscale 2020 comme il l’avait précédemment annoncé. L’Etat nippon devrait sur cet exercice, qui s’achèvera en mars 2021, enregistrer un déficit primaire – déficit sans intégration du coût du service de la dette – encore supérieur à 3% du PIB, ont indiqué les conseillers du Premier ministre qui ont pourtant réalisé leurs calculs en tenant compte d’une éventuelle hausse de la TVA. « De nouvelles améliorations fiscales vont être nécessaires », ont-ils prévenus. Le chef du gouvernement Yoshihiko Noda espère qu’il va réussir à faire adopter, dans les prochaines semaines au Parlement, un doublement gradué de la TVA, qui n’est pour l’instant que de 5% dans l’archipel.
L’accord de libre échange entre l’Europe et l’Inde encore retardé
Les responsables politiques indiens et européens avaient, un temps, espéré pouvoir signer un accord de libre-échange à l’occasion de la tenue, le 10 février prochain à New Dehli, d’un grand sommet bilatéral mais les points de blocage apparaissent encore trop nombreux entre les négociateurs. Malgré une récente intensification des pourparlers commerciaux, qui avaient été lancés dès 2007, l’Union européenne ne parviendrait toujours pas à obtenir une baisse satisfaisante des droits de douane indiens sur les véhicules et les alcools et n’aurait pas non plus été satisfaite par la timidité des engagements d’ouverture des marchés publics avancés par New Dehli.
Elpida négocierait une alliance avec Micron
Les actions d’Elpida Memory, le plus grand fabricant japonais de mémoires DRAM, étaient en forte hausse, ce matin, sur la place de Tokyo. Les investisseurs semblent croire aux rumeurs de presse qui annoncent la mise en place prochaine d’une alliance entre Elpida, l’américain Micron et, peut-être, le taiwanais Nanya Technology. En s’associant, les trois groupes espéreraient renforcer leur poids face à Samsung, le leader mondial du secteur. Les experts annonçaient depuis quelques mois une accélération des consolidations sur le marché des mémoires pour ordinateurs de bureaux qui souffre d’une chute des prix continue et de la popularité croissante des tablettes, qui sont elles, équipées, de mémoires Flash ou proposent du stockage dématérialisé « dans les nuages ».
Le patron de Foxconn s’excuse
Les médias de Taipei diffusent ce matin un communiqué d’excuses de Terry Gou, le PDG du puissant groupe électronique taiwanais Hon Hai Precision, qui avait indirectement comparé ses ouvriers à des « animaux ». A l’occasion d’une fête d’entreprise, organisée dans le zoo de la capitale taiwanaise à la mi-janvier, le responsable avait loué le travail des équipes du parc avant d’expliquer qu’il devait lui aussi « gérer tous les jours un million d’animaux » et que cela lui donnait souvent des « migraines ». Ses commentaires avaient enflammé les forums taiwanais avant d’être critiqués par des universitaires de Chine, où le groupe assemble dans ses usines Foxconn géantes des produits pour Apple, Sony ou Nokia. Dans son communiqué, le groupe explique que Terry Gou cherchait seulement à rappeler que les hommes font eux aussi « partie du royaume des animaux ».
YANN ROUSSEAU (à Tokyo)
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Lagarde somme les Européens dintensifier leurs efforts pour leuro, Actualités
La directrice du FMI a pour la première fois clairement pris parti en faveur d’une augmentation des ressources du pare-feu européen, et pour la création d’eurobonds, deux solutions rejetées par Berlin. Elle engage la BCE à assouplir encore sa politique monétaire.
Christine Lagarde n’a pas hésité à dramatiser la situation : « il y a une chose que nous devons tous comprendre : c’est que nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant décisif. Il ne s’agit pas de sauver un pays ou une région. Il s’agit d’empêcher que le monde ne se laisse happer par une spirale de dégradation économique ».
Les Européens ont évidemment une responsabilité particulière. Après avoir salué les mesures prises au cours des deux dernières années, la patronne du FMI a toutefois souligné qu’elles ne « forment que des composantes d’une solution plus globale ». La zone euro, pour se sortir de sa crise, doit, selon Christine Lagarde, agir sur trois fronts. D’abord assurer une croissance forte, alors que le continent semble se diriger vers la récession. Il faut assurer un financement adéquat et suffisant de l’économie dite « réelle ». Les banques doivent donc remplir leurs nouveaux ratios de capitalisation, non pas en réduisant le montant de leurs engagements, mais en levant de nouveaux capitaux. Christine Lagarde suggère en outre aux pays qui en ont la possibilité d’assouplir leur programme de consolidation des finances publiques, afin de soutenir la croissance. Une référence claire à l’Allemagne, qui devrait limiter cette année son déficit public à 1 % du PIB, comme l’an dernier. Berlin se voit toutefois comme l’étalon auquel doivent se mesurer ses partenaires, et ne devrait pas se montrer sensible à l’argument.
Deuxième axe : le renforcement des mécanismes de solidarité au sein de la zone euro. Christine Lagarde met en garde contre une possible crise de solvabilité de l’Italie et de l’Espagne, « qui aurait des conséquences systémiques désastreuses ». Elle plaide pour un accroissement de la taille du MES.Pratiquement au même moment, Angela Merkel, lors de sa conférence de presse commune avec le premier ministre belge, Elio Di Rupo, a rétorqué que « ce n’est pas le bon moment pour débattre d’un accroissement des fonds de sauvetage de la zone euro, la priorité c’est d’assurer l’efficacité du fonds actuel [le FESF] et la mise en place rapide de son successeur, le MES ».
Enfin, la patronne du FMI réclame une plus grande intégration en Europe. D’abord au niveau bancaire, avec des supervisions plus harmonisées. Et aussi au niveau des politiques fiscales : « il n’est pas tenable d’avoir 17 politiques fiscales complètement indépendantes en regard d’une seule politique monétaire ». Christine Lagarde estime nécessaire de compléter le nouveau traité en préparation pour accroître la discipline fiscale par des instruments de partage des risques comme des euro-obligations. Berlin a déjà dit tout le mal qu’il pense des euro-obligations, qui selon lui auraient pour effet de diluer les responsabilités et de diminuer la résolution des gouvernements endettés à réduire leurs dépenses.
Chrsitine Lagarde a aussi appelé les autres blocs à contribuer au sauvetage. Les Etats-Unis doivent selon elle réduire le fardeau financier des ménages étranglés par leur hypothèque et s’attaquer à leur déficit public, sans mettre en danger la croissance d’aujourd’hui. La Chine « peut s’aider elle-même et l’économie mondiale en continuant à faire évoluer son modèle des exportations et de l’investissement vers la consommation ». La directrice du FMI a donné le même conseil à l’Allemagne : « laisser la consommation des ménages prendre son essor ». Le gouvernement allemand s’attend que la demande interne assure à elle seule la croissance de 2012, alors que le commerce extérieur doit apporter une contribution négative.
Le fait que Christine Lagarde ait prononcé son discours à Berlin n’est pas une coïncidence. Angela Merkel est plus que jamais au coeur des négociations entre Européens. L’Allemagne est désormais le seul pays de la zone euro à bénéficier à la fois d’une triple A et d’une perspective stable de la part de S&P. La chancelière, à une semaine du prochain sommet européen, multiplie les consultations bilatérales. Après avoir reçu le premier ministre belge, elle doit rencontrer ce soir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le Président du Conseil européen, Herman van Rompuy.
KARL DE MEYER, CORRESPONDANT A BERLIN
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Allemagne : les commandes industrielles bondissent de 5,2% en octobre
Le 06 décembre 2011 par Astrid Gouzik
Les chiffres publiés mardi 6 décembre créent la surprise. Une bonne nouvelle pour l’Allemagne après trois mois consécutifs de baisse.
En octobre, les commandes industrielles ont été dopées par de gros ordres à l’étranger. « La production industrielle devrait dans un premier temps conserver son rythme d’évolution tranquille », prédit le ministère de l’Economie, qui publie les chiffres.
Les chiffres du mois d’octobre sont de bon augure pour le troisième trimestre. Ils pourraient même être un signe encourageant pour l’économie allemande après que l’agence Standard and Poor’s a annoncé la mise sous surveillance des notes d’endettement à long terme de quinze pays de la zone euro.
Peter Kaidusch, de Natixis, vient toutefois nuancer la bonne nouvelle et rappelle aussi que l’indice PMI de l’Allemagne fait lui mauvaise figure. »La tendance générale est à la baisse et l’industrie allemande ne pourra pas toujours être coupée du monde », prévient-il.
Une analyse confortée en partie par la baisse de la demande des produits « made in Germany », notamment en Europe. En effet, plusieurs pays de la zone euro sont contraints d’opérer des économies drastiques pour résister à la tempête provoquée par la crise de la dette.
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Le risque de contraction de l’activité se renforce en France, Actualités
L’économie française menace d’entrer en récession dès le quatrième trimestre, selon les indicateurs avancés du cabinet Markit.
Au moment où Bercy se prépare à abaisser sa prévision de croissance pour 2012, les données des enquêtes de conjoncture menées auprès des entreprises affichent une accentuation du risque d’une contraction de l’activité à la fin de l’année. Après une nouvelle dégradation du climat des affaires, annoncée vendredi par l’Insee, les indices PMI publiés lundi 24 octobre par Markit témoignent ainsi à leur tour de l’ampleur du ralentissement économique en France comme dans la zone euro.
Pour la première fois depuis l’été 2009, ils indiquent que l’activité s’est contractée dans l’Hexagone en octobre, du fait d’une forte baisse dans les services et d’un nouveau recul de la production manufacturière.«Le secteur privé français vacille », souligne l’économiste de Markit, pour qui les données d’enquête sont, à ce stade, « conformes à un taux de contraction trimestriel significatif du PIB, de l’ordre de 0,5 % à 0,6 % ». Et d’agiter le spectre d’une récession (définie comme deux trimestres consécutifs de recul du PIB)« à moins d’un rapide retournement de tendance ».
Un scénario de croissance nulle en 2012
Cette menace est de plus en plus prise au sérieux par les économistes. « Une récession de faible ampleur fin 2011-début 2012 se dessine désormais », estiment les conjoncturistes d’Exane BNP Paribas, pour qui« il sera alors difficile de tabler sur une croissance moyenne supérieure à 0,5 % l’an prochain ». « Notre prévision de stagnation en France à la charnière 2011-2012 parait désormais trop optimiste, constate aussi Bruno Cavalier, chez Oddo Securities. Il serait raisonnable que le gouvernement planche sur un scénario de croissance nulle en 2012 ». Des propos pessimistes : la prévision de croissance allemande est de 1 % pour 2012 et celle du consensus de 0,9 %.
La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a confirmé lundi que la révision de la prévision de croissance« n’est pas un tabou », mais veut « prendre le temps de regarder l’ensemble des indicateurs à disposition dans les jours et les semaines qui viennent ». La première estimation de la croissance au troisième trimestre sera publiée le 15 novembre.
Pour l’exécutif, le sommet européen de mercredi puis le G20 de Cannes devraient donner une meilleure visibilité sur les perspectives économiques. Reste que si une solution politique à la crise de la zone euro est indispensable pour rétablir la confiance des chefs d’entreprise, il n’est pas évident qu’elle suffise à sauver la fin de l’année et à bien amorcer 2012 : « Même si des décisions positives sont prises mercredi, elles mettront plusieurs mois à se diffuser aux agents économique », estime Bruno Cavalier.« Le choc de confiance se double d’un resserrement palpable de l’accès au crédit, et ce dernier phénomène n’est pas réversible instantanément », indique-t-on chez Exane BNP Paribas.
FRÉDÉRIC SCHAEFFER
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Opération vérité sur le AAA de la France !
DECRYPTAGE Faut-il s’inquiéter de la menace brandie par Moody’s ? Revue de détail des bons points et des handicaps de la France à l’aune des critères que retiennent les agences de notation.

Moody’s fait vaciller le sacro-saint AAA français. L’agence de notation américaine a indiqué, hier, qu’elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective sur la note de la dette française était toujours jugée « stable ». Dans le cas contraire, elle pourrait placer la France sous surveillance négative, voire dégrader sa note, jusqu’à présent synonyme de 20/20 auprès des investisseurs.
L’Hexagone serait alors le deuxième « grand » pays AAA à perdre son précieux sésame à cause de la crise, après les Etats-Unis, dégradé en août par Standard & Poor’s. Endettée à hauteur de 70 % auprès de résidents étrangers, la France risquerait alors de subir une envolée des taux d’intérêt de sa dette, qui ont déjà grimpé à 103 points de base au-dessus des taux allemands, un record !
Le gouvernement français croyait pourtant avoir fait le plus dur en annonçant un mini-plan de rigueur de 11 milliards d’euros fin août. Las, les perspectives de croissance, de plus en plus sombres, font déjà dire à François Baroin, le ministre de l’Economie, qu’il faudra peut-être prendre de nouvelles mesures. De plus en plus d’analystes se demandent, en fait, si la France, dont le budget de l’Etat est en déficit depuis trente ans, mérite réellement son AAA. Revue de détail de ses bons points et de ses handicaps, à l’aune des critères des impitoyables agences de notation
1. Un manque de dynamisme économique qui inquiète
L’Insee l’a confirmé fin septembre : la croissance française a été nulle au deuxième trimestre. Après trois bons premiers mois (+ 0,9 %), les économistes n’attendaient pas un tel trou d’air, qui va plomber les recettes fiscales. Si les agences de notation ont loué la capacité de résistance de la France pendant la crise, ses performances actuelles sont inquiétantes.
Pour boucler son budget 2011, Bercy misait d’abord sur une progression de 2% du PIB avant de ramener sa prévision à 1,75%, proche désormais de celle de l’Insee. L’institut table, en effet, sur 0,3% au troisième trimestre puis 0% au quatrième, la croissance atteignant au final 1,7% sur 2011. C’est surtout pour 2012 que la correction va être sévère. Alors que le gouvernement espérait une croissance de 2,25%, il a déjà ramené sa prévision à 1,75 % fin août avant de préciser discrètement que le budget était, en fait, calibré pour une croissance de 1,5%. Quoi qu’il en soit, l’exécutif reste trop optimiste aux yeux des économistes : selon Reuters, leurs prévisions seraient désormais plus proches de 1%, Natixis tablant même sur 0,7% !
Certes, la déconvenue printanière est en partie due à la fin de la prime à la casse, qui a provoqué une chute des ventes d’automobiles et fait plonger les dépenses des ménages de 0,7 %. « C’est le plus mauvais chiffre depuis la fin 1996 et l’extinction des «jupettes» [la prime automobile de l'époque, NDLR]« , rappelle Catherine Stephan, à BNP Paribas. Mais la consommation risque de rester atone dans les mois à venir. Le soutien budgétaire aux ménages a pris fin et les créations d’emplois devraient fortement ralentir, passant de 112.000 au premier semestre à 24.000 au second, selon l’Insee. Le taux de chômage progresserait ainsi légèrement d’ici la fin de l’année pour atteindre 9,2% (9,7% avec les DOM).
Les inquiétudes sont encore plus grandes du côté des entreprises. Le plongeon des marchés financiers, et notamment des valeurs bancaires, pourrait provoquer un resserrement du crédit et freiner la reprise de l’investissement. « C’est particulièrement inquiétant en France, où les taux de marge sont très inférieurs à ceux des autres pays AAA, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni », remarque Jean-Christophe Caffet. « Mais, à la différence de l’Allemagne, la France, dont les exportations sont eurocentrées, est moins sensible à la conjoncture mondiale et s’en sort mieux en période de repli », souligne Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank. En cas de rechute de l’économie mondiale, il est donc probable que les agences ne feront pas de différence entre la France et les autres pays AAA.
2. des finances publiques toujours aussi médiocres
Lestée d’une dette dépassant 85 % du PIB, la France fait partie des mauvais élèves au sein des pays AAA. Comme l’a montré une étude récente de Natixis, l’Allemagne et le Canada seraient les seuls pays du G7 à conserver cette note si l’on ne prenait en compte que les critères quantitatifs de Standard & Poor’s.
Le Royaume-Uni, durement frappé par la crise, accuse un déficit supérieur au nôtre et se rapproche dangereusement de notre ratio d’endettement. En mai 2009, S&P l’avait d’ailleurs placé sous perspective négative, rappelle Norbert Gaillard, consultant à la Banque mondiale. « Il a fallu attendre les élections de mai 2010 et la présentation par David Cameron d’un plan de redressement très dur pour que l’agence lève sa menace. »
Nicolas Sarkozy, lui, a fait le choix de distiller ses mesures de rigueur au compte-gouttes. Certes, les agences ont applaudi le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Mais elles attendent encore de voir comment la France va respecter le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, prévoyant une réduction du déficit de 7,1 % du PIB en 2010 à 5,7 % en 2011, puis 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013.
Coté dépenses, Bercy veut limiter leur progression à 0,8 % par an, hors inflation, contre 2,3 % auparavant. Mais la Cour des comptes et les parlementaires s’interrogent sur la réalité des économies liées à la Révision Générale des Politiques Publiques, censée rapporter 8 milliards d’euros sur 2011 et 2012. « Il faudra bien un jour expliciter la répartition précise des efforts et pas seulement afficher une norme », prévient le député (UMP) Gilles Carrez, rapporteur du budget. Côté recettes, 0,5 point de croissance en moins prive l’Etat de 6 milliards d’euros de rentrées fiscales.
Pour 2011, l’objectif semble encore réalisable. « En 2010, le déficit a été réduit de 0,6 point de PIB de plus que prévu, mais le gouvernement s’est gardé une cagnotte en ne révisant son déficit 2011 que de 0,3 point », souligne Jean-Christophe Caffet. Les mesures présentées parFrançois Fillon, le 24 août 2011 doivent aussi permettre de faire rentrer 1,2 milliards supplémentaires dans les caisses dès cette année.
Pour 2012 et 2013, la tâche s’annonce, en revanche, bien plus ardue malgré les 10 milliards de recettes supplémentaires annoncées par le Premier ministre. « S’il veut respecter ses engagements européens, Nicolas Sarkozy devrait revenir sur ses dépenses inconsidérées, comme la baisse de la TVA dans la restauration », assène le socialiste Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée.
Déjà, le président a accepté de raboter les exonérations sur les heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat. »Il essaie de trouver une voie médiane entre laxisme et austérité, constate Gilles Moec. Mais, avec la dégradation de la dette américaine et les réactions des marchés, il doit s’engager clairement dans la rigueur au moment même où il faudrait soutenir la demande intérieure. »
3. Des institutions qui fonctionnent plutôt bien
C’est le critère le moins problématique pour la France. La situation est bien plus favorable qu’aux Etats-Unis, dont la note a été dégradée, en partie, en raison des blocages politiques : l’administration Obama a eu le plus grand mal à faire voter son plan par la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Rien de tel en France : même si le Sénat est passé à gauche, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot.
Cette victoire aura seulement obligé Nicolas Sarkozy à renoncer à sa fameuse « règle d’or« , qui devait permettre de rassurer les agences de notation. Son projet prévoyait qu’à partir de 2013 des lois-cadres fixeraient, sur au moins trois ans, un plafond de dépenses et un minimum de recettes à respecter. Mais cette réforme nécessitait une révision de la Constitution et donc l’approbation d’une majorité des trois cinquièmes du Congrès, réunissant sénateurs et députés. Or, la gauche, victorieuse au Sénat, est fermement opposée au projet.
« Rien n’empêche ces lois-cadres d’être révisées chaque année et il n’y a aucune garantie de retour à l’équilibre, pointe Jérôme Cahuzac. A l’inverse, la règle allemande impose de faire les efforts nécessaires dès maintenant pour aboutir à un déficit de 0,35 % du PIB en 2016. » Si les agences de notation durcissent leurs menaces dans les prochains mois, nul doute que le sujet reviendra tout de même sur le tapis au lendemain des élections présidentielles.
David Bensoussan, journaliste à Challenges
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La Chine révise à la baisse son excédent des comptes courants, Actualités
La Chine a révisé vendredi à la baisse son excédent des comptes courants pour le premier semestre à 87,8 milliards de dollars, contre un chiffre de 98,4 milliards de USD publié en août, a annoncé vendredi l’Administration chinoise des changes (SAFE) sur son site internet.
Cet excédent ne représente plus désormais que 2,8% du Produit intérieur brut (PIB) de la Chine au premier trimestre, selon la SAFE.
Au premier semestre 2010, la balance des comptes courants de la Chine était excédentaire de 5%, selon les calculs de l’agence Dow Jones.
Dans le cadre du G20 Finances à l’automne dernier, les Etats-Unis avaient demandé que les principales puissances économiques s’engagent à limiter les déséquilibres de leur balance des comptes courants, ce sur quoi les pays excédentaires comme la Chine et l’Allemagne avaient refusé de s’engager de manière chiffrée.
La balance des comptes courants est la mesure la plus large des échanges d’un Etat avec le monde.
L’Administration des changes a également révisé à la baisse sa balance des comptes courants pour le deuxième trimestre, excédentaire de seulement 59 milliards de dollars, contre 69,6 milliards annoncés le mois dernier.
Au deuxième semestre 2011, « la réduction de la croissance de l’excédent de la balance des paiements sera une priorité » pour la SAFE, qui veut aussi « continuer à prévenir et à combattre les entrées d’argent spéculatif » sur le sol chinois.
L’excédent commercial de la Chine s’est aussi fortement réduit par rapport à son PIB, selon une note de recherche publiée vendredi par Cui Li, une économiste de la Royal Bank of Scotland basée à Hong Kong.
Cet excédent « était inférieur à 2% du PIB durant le premier semestre de cette année, un niveau observé pour la dernière fois en 2002-2003″.
« La faiblesse durable de l’économie mondiale fait penser que l’accroissement rapide des déséquilibres externes (de la Chine) des années 2005-2008 appartient désormais au passé », ajoute cette analyste.
La réduction de l’excédent commercial chinois explique aussi partiellement la récente faiblesse du yuan, selon Cui Li.
La monnaie chinoise a évolué de mercredi à vendredi au plus bas de la bande de fluctuation de plus ou moins 0,5% autour de son cours pivot par rapport au dollar, fixé quotidiennement par la banque centrale.
« Dans le cas d’un renforcement prononcé du dollar, la probabilité d’une dépréciation du yuan est maintenant beaucoup plus importante qu’en 2008″, selon l’analyste.
中国已经下调周五兑一美元,98.4亿美元的数字,在八月发行其上半年经常项目顺差878亿,周五宣布中国外汇管理局(SAFE)在其网站上。
现在的顺差只占2.8%的中国国内生产总值(GDP)在第一季度,根据国家外汇管理局。
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France : le FMI invite à des efforts pour tenir les objectifs de réduction du déficit, Actualités
Le Fonds monétaire international estime dans son rapport annuel que le déficit ne tombera à 3 % qu’en 2014. Et le Fonds attend une progression du PIB français de 2,1 % cette année et de 1,9% l’an prochain.
Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu mercredi un léger ralentissement de la croissance en 2012 à 1,9% après une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,1% attendue en 2011, dans son rapport annuel sur l’économie française (version intégrale ici), divulgué par anticipation par François Baroin mercredi 27 juillet. Le gouvernement français table de son côté sur une croissance de 2% cette année et de 2,25% l’an prochain. Le Fonds attend une croissance de 2 % tout rond en 2013.
De même, le Fonds se montre un peu moins optimiste que Bercy quant à la réduction des déficits, mais prévoit tout de même une forte réduction du déficit public, qui attendrait selon ses projections la barre des 3 %, recommandés par les traités européens, en 2014 (le gouvernement l’espère pour 2013). L’institution de Washington table sur un déficit public de 5,7% du PIB fin 2011, 4,8% fin 2012, 3,8% fin 2013 et 2,9% fin 2014. Rappelons que le déficit était de 7,1 % en 2010, et est attendu à 5,7 % cette année.
Les experts du FMI recommandent donc à Paris des efforts supplémentaires. «Des progrès sont réalisés dans la consolidation budgétaire mais des efforts supplémentaires peuvent être nécessaires pour atteindre les objectifs pour 2012-13», écrivent-ils, ajoutant que le relatif amoindrissement de la croissance peut faire craindre que «le déficit ne recule plus lentement qu’envisagé».
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