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Les extensions de nom de domaine s’ouvrent à (presque) tous – High-Tech – TF1 News

Par le 09 janvier 2012 

Depuis jeudi, il est possible de demander une extension de son nom de domaine -les .fr ou les .com- à l’Icann, l’organisme qui gouverne Internet. Stéphane Van Gelder, président de la Generic Names supporting organisation (GNSO), haute instance de l’Icann, explique le fonctionnement.

Stéphane Van Gelder, président de la GNSO et directeur général IndomStéphane Van Gelder, président de la GNSO et directeur général Indom © DR

TF1 News : A partir du 12 janvier, il sera possible de demander des extensions internet personnalisées et d’avoir un .paris ou .télé par exemple… Comment la procédure de décision va-t-elle fonctionner ?


Stéphane Van Gelder, président de la GNSO (Generic names supporting organisation) et directeur général de la société Indom : On peut soumettre son dossier à n’importe quel moment entre le 12 janvier et le 12 avril 2012. Au 1er mai tous les dossiers reçus seront publiés. Donc chacun sera libre de voir s’il y a des dossiers gênant pour sa marque. Puis il y aura une phase de validation pour vérifier le demandeur. Et enfin on examinera le dossier en lui-même. Si tout va bien, l’ICANN dit oui au candidat qui a un an pour valider cette extension. Il devra la gérer pour 10 ans mais doit montrer dans son dossier qu’il peut la gérer financièrement pendant 3 ans. Donc on attend l’arrivée des premières extensions en 2013.

Concernant les dossiers en eux-mêmes, ils posent 50 questions : sur le demandeur en lui-même, pour savoir qui il est; sur sa candidature; sur les aspects techniques, car il faut pouvoir gérer l’extension en elle-même; sur l’aspect financier. Le projet au total coûte environ 500.000 euros la première année. Il faut payer 185.000 dollars (145.000 euros) de taxes à l’ICANN lors du dépôt du projet. On n’est pas dans l’amateurisme.

TF1 News : Quelles limites ont été posées à ces extensions ?

Stéphane Van Gelder : Il y a tout d’abord une limite de syntaxe : cela devra être en caractères latin et cela devra comprendre entre 3 et 63 caractères. On ne peut avoir ni de chiffres ni de tirets.

Ensuite, il y a des limites en termes de mots : on ne pourra pas demander des noms de pays par exemple, et certains termes ont été réservés par l’ICANN. Si ça heurte ou choque la sensibilité (comme un .nazi ou un .hitler) cela sera rejeté.

TF1 News : Ces extensions seront-elles ouvertes à tous ?

Stéphane Van Gelder : Ce n’est pas ouvert aux particuliers. Mais cela reste ouvert aux entreprises, aux organismes divers et aux sociétés pré-identifiées. Dans tous les cas, ils devront avoir un numéro d’enregistrement. Ils doivent pouvoir gérer une extension, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. L’ICANN demande à travailler avec des personnes identifiables.

TF1 News : Donc l’attribution d’une nouvelle extension sera moins libre que celle d’un nom de domaine ?

Stéphane Van Gelder : C’est beaucoup plus contraignant. Déposer un nom de domaine coûte quelques euros et prend quelques minutes. L’extension se fait sur plusieurs années. Ce ne sont pas les mêmes personnes qui sont intéressées.

Ce qui se passe aujourd’hui, ce changement, est potentiellement un grand changement dans l’utilisation d’Internet. Ceux qui ne l’auraient pas seraient défavorisés. Il faut donc prévenir, informer que c’est un changement potentiel majeur. Et il faut un vrai projet derrière, il faut être informé. Au niveau des entreprises, c’est très difficile d’ignorer ces évolutions.

TF1 News : Qu’apportent-elles de plus que ce qui est déjà existant ?

Stéphane Van Gelder : Pourquoi est-ce que tout le monde n’aurait pas accès au premier niveau d’Internet ? Cela permet une démocratisation de l’espace de nommage Internet. Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que 22 extensions possibles dans le monde (puisqu’aujourd’hui, les extensions sont limitées aux .com, .net, .fr, .org etc.). Sur les 215 millions de noms de domaines, 115 millions sont des .com ou des .net. Si l’on est sur un .apple, on sait beaucoup plus rapidement sur quel type de site nous sommes.

Aujourd’hui les moteurs de recherches sont peu intéressés par les extensions. Mais Google a déjà dit que s’il existait un .paris, il serait logique qu’il le prenne en compte.

TF1 News : Quels sont les intérêts pour les entreprises ?

Stéphane Van Gelder : D’abord il y a l’intérêt de globalisation de la marque. Si je m’appelle Vinci ou Apple, ça me permettrait d’avoir mon nom d’entreprise partout dans le monde et de déposer des marques nationales. Par exemple, le .vinci reprendrait tous les parkings partout dans le monde. Il y a le coté unique de l’identifiant. Par rapport au .com, on accroit sa pertinence, on sort de l’anonymat des noms de domaines.

Ensuite, il y a des intérêts d’utilisation. Une banque par exemple, pour effectuer des transactions sur Internet, a besoin de sécurité. Aujourd’hui elle est encore tributaire des gens qui gèrent les .com ou les .fr.

Il y aurait même un intérêt pour un .facebook. Facebook ayant déjà ouvert des noms de domaines personnalisés (facebook.com/prénom.nom), il pourrait ainsi permettre un prénom.nom.facebook, pour simplifier internet.

Il y a également un intérêt géographique. La ville de Paris envisage d’acheter un .paris pour des questions de propriété intellectuelle mais aussi pour un service public plus clair : laposte.paris pour trouver le bureau de poste le plus proche par exemple,… Cela permet une identité plus claire sur Internet.

Ensuite, cela dépend des utilisations qui sortiront de celle que l’on fait d’Internet aujourd’hui.

TF1 News : Est-ce intéressant pour tout le monde ?

Stéphane Van Gelder : Non. Il faut avoir un vrai projet et être capable de s’engager pour dix ans. Ce n’est pas intéressant pour ceux qui veulent juste protéger leur nom du vol. Il existe déjà des garde-fous et y mettre tant d’argent, c’est contre-productif. L’ICANN attend 1.000 à 1.500 dossiers, c’est très peu. Ce n’est pas à la même échelle que le nom de domaine.

TF1 News : Si l’on achète un .auto ou un .radio, cela va concerner plusieurs entreprises. Autorisez-vous la première entreprise à le demander à acheter le .auto si elle n’est pas représentative de l’ensemble des voitures vendues dans le monde ?

Stéphane Van Gelder : Ce type d’extension à titre communautaire est ouvert à tous. Mais si l’automobile club de France réserve le .auto, Renault par exemple pourra porter réclamation, non pas sur le nom, mais pour dire que cette personne n’est pas représentative et le dossier sera suspendu. Les gouvernements aussi pourront s’y opposer.

Il y a plusieurs garde-fous pour ces termes génériques. Si je créé un .auto libre d’accès à tout le monde, dans ce cas là, je pourrais m’occuper de sa gestion.

 

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