Marchés : Vers une nouvelle journée de baisse à la Bourse de Paris

Crédits photo : © Suzanne Plunkett / Reuters/REUTERS
Dexia qui a annoncé sa réorganisation pour résoudre ses difficultés de financement plonge de plus de 20 %. Pour sa part, le CAC perd plus de 3 %.
Le pétrole en baisse
Les craintes sur la zone euro pèse également sur la monnaie européenne. L’euro s’enfonçait sous le seuil de 1,32 dollar en fin de matinée, à son plus bas niveau depuis janvier face au billet vert, emporté dans les turbulences de la crise de la dette et le report d’une décision sur la Grèce par les ministres des Finances de la zone euro. En milieu de séance, l’euro valait 1,3184 dollar contre 1,3178 dollar lundi soir. En tout début de séance, il est même tombé jusqu’à 1,3146 dollar, sa valeur la plus basse depuis le 13 janvier.
Sur les marchés pétroliers, les inquiétudes sur l’économie mondiale pèsent sur les cours : le baril de « light sweet crude » pour livraison en novembre perdait 1,47 % dollar, à 76,47 dollars dans la matinée.
Du côté des indicateurs macroéconomiques, les investisseurs seront attentifs à la publication des prix à la production industrielle en zone euro au moins d’août attendue à 16 heures. Outre-Atlantique, les commandes industrielles aux États-Unis pour le mois d’août sont attendues pour 16 heures. À la même heure, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, doit prendre la parole devant une commission du Congrès sur le thème « les prévisions économiques ».
Dexia doit annoncer la vente de ses fleurons
L’ensemble du secteur bancaire sera suivi ce mardi. Le conseil d’administration de Dexia(-20,77 % à 1,03 euros) a annoncé hier soir avoir lancé un processus pour résoudre les problèmes structurels du groupe mais n’a pas évoqué de pistes en particulier. La banque franco-belge devrait accélérer la vente de ses fleurons et l’isolement de ses actifs non performants dans un « bad bank ». Sa note a été placée hier sous surveillance négative par l’agence Moody’s. Deminor insiste pour que les actionnaires soient consultés avant toute décision sur un plan concernant l’avenir de Dexia, indique le cabinet de conseil aux actionnaires dans une lettre ouverte dévoilée par Reuters.
De son coté, la Société générale (-3,95 % à 18,22 euros) a réduit de moitié ses besoins de financement à long terme pour 2012, a-t-elle annoncé. La banque française n’aura besoin que de 10 à 15 milliards d’euros.
Toujours dans le secteur bancaire européen, la première banque allemande Deutsche Bank a renoncé mardi à son objectif de dégager un bénéfice opérationnel record de 10 milliards d’euros cette année, mais a assuré qu’elle restera bénéficiaire au troisième trimestre.
Le groupe sucrier Cristal Union va acquérir sur un mode amical le groupe Vermandoise pour près d’un milliard d’euros afin de créer le numéro cinq européen de l’industrie du sucre, qui sera numéro deux en France derrière Tereos. Le groupe Vermandoise regroupe deux sociétés cotées sur Nyse-Euronext Paris, la Société Vermandoise de Sucreries (SVS) et la Société Sucrière de Pithiviers le Vieil (SSPLV). La cotation des deux titres est suspendue.
Stallergènes (-3,63 % à 44,81 euros) a annoncé une réorganisation de sa gouvernance, qui verra l’arrivée d’un nouveau directeur général exécutif début 2012.
GDF Suez (-1,70 % à 22,02 euros) a conclu la vente de G6 Rete Gas au consortium constitué du fonds d’infrastructures F2i, d’AXA Private Equity et d’Enel Distribution. La cession valorise les actifs de distribution à une valeur d’entreprise de 772 millions d’euros soit, à 103 % de la base d’actifs régulés 2010, 9,3 fois l’Ebitda et 17,5 fois le résultat net. Cette opération avait été annoncée en juin dernier.
Bonduelle (-1,31 % à 63,50 euros) a présenté une forte chute de son bénéfice net annuel de 48 % à 30,4 millions d’euros mais prévoit un rebond de sa rentabilité pour l’exercice 2011-2012. Le groupe agro-alimentaire est par ailleurs en négociations pour racheter les légumes d’Aucy en Russie.
Naturex (-6,88 % à 46,02 euros), spécialiste des ingrédients naturels d’origine végétale, va lancer une augmentation de capital de 49,3 millions d’euros destinée à financer des acquisitions et accroître son flottant boursier.
Groupe Gorgé (+9,95 % à 6,74 euros) flambe au lendemain de l’annonce de sa plus importante commande dans le nucléaire, un contrat de 30 millions d’euros en Chine.
Le Figaro – Marchés : Vers une nouvelle journée de baisse à la Bourse de Paris.
Dexia : Paris et Bruxelles tentent de rassurer les marchés, Actualités
Ce matin, la France et la Belgique ont accordé leur garantie sur les financements levés par la banque. Trois ans après un premier sauvetage qui a vu les Etats belge et français injecter 6 milliards au capital de Dexia, ses actionnaires se sont résolus hier à préparer son démantèlement.
Dexia s’effondre en Bourse ce mardi 4 octobre, alors que se profile son démantèlement. Le titre a perdu jusqu’à 37,7 % en début de séance. En milieu de matinée, les ministres des Finances belge et français ont annoncé que les deux Etats s’engagent à apporter leur garantie à la banque franco-belge. Une annonce de nature à rassurer les investisseurs en témoignant du soutien de ses actionnaires.
Garantie sur les financements levés par la banque
« Dans le cadre de la restructuration de Dexia, les Etats belge et français, en liaison avec les banques centrales, prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des déposants et des créanciers. A cette fin, ils s’engagent à apporter leur garantie aux financements levés par Dexia », ont indiqué les deux ministères dans un communiqué.
A la mi-journée, le titre a légèrement réduit ses pertes. Vers 11h45, il chute encore de 22,4 % à 1,009 euro.
Trois ans après avoir tenté de sauver la banque franco-belge de la faillite, moyennant 6 milliards d’euros, les actionnaires de Dexia semblaient avoir jeté l’éponge hier. Réunis en conseil d’administration extraordinaire, ils étaient en effet sur le point de finaliser les grandes lignes d’un nouveau plan de sauvetage qui ressemblait fort à un démantèlement de Dexia. Un projet qui a fait d’emblée fait plonger le titre à l’ouverture des marchés boursiers.
Selon ce plan, le groupe bancaire se verrait d’abord libéré du poids de son portefeuille obligataire de près de 100 milliards d’euros. Cet héritage du passé l’oblige en effet à mobiliser des montants astronomiques d’actifs en collatéral pour les refinancer. Le 30 juin, la banque avait ainsi besoin de 96 milliards d’euros de liquidités à court terme.
Structure de défaisance
Pour lui redonner de l’air, les actionnaires de Dexia auraient donc décidé de cantonner ce portefeuille dans une structure de défaisance qui devrait bénéficier de la garantie des Etats belge et français. Ses actionnaires avaient espéré défaire Dexia de ce portefeuille obligataire au fil du temps, en laissant à son management le soin de le céder au meilleur prix (80 milliards ont ainsi déjà été vendus). Ils auraient finalement estimé que ce projet n’était plus viable dans les conditions de marché actuelles.
La provision de 1,8 milliard d’euros, qui avait été passée au deuxième trimestre pour accélérer les cessions de ces actifs toxiques, n’aurait de fait sans doute pas suffi à procéder à ce type d’opération sans mettre en péril en même temps la solvabilité de la banque franco-belge. D’autant que son niveau de fonds propres durs de 10,3 % est loin d’être confortable au regard de son portefeuille de dettes souveraines grecque, espagnole, portugaise, irlandaise et italienne de près de 21 milliards d’euros.
Le conseil d’administration de Dexia semblait ainsi faire écho aux inquiétudes de l’agence de notation Moody’s, qui avait mis hier matin la note de solidité financière de Dexia sous surveillance négative. La volatilité des marchés va « probablement entraîner Dexia à recourir un peu plus au financement à court terme, ce qui va probablement déboucher sur une compression de ses réserves de liquidités disponibles », estimait Moody’s.
Les actionnaires de Dexia ont par ailleurs décidé de céder ou d’adosser les activités stratégiques de la banque à d’autres acteurs, de la banque de détail au métier de gestion d’actifs en passant par celui des collectivités locales. L’avenir de ce dernier métier semble le mieux tracé aujourd’hui. Depuis plusieurs semaines, le groupe travaille en effet à la création d’une banque dédiée au financement des collectivités locales françaises. Cette coentreprise serait détenue pour l’essentiel par La Banque Postale et la Caisse des Dépôts et Consignations. Malgré les réticences des différentes parties prenantes à ce montage, l’urgence de la situation facilite l’émergence d’un accord. Le projet sera présenté mercredi 5 octobre au comité des investissements de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts. A moins d’être convoquée de façon extraordinaire, la vigie parlementaire de l’institution financière ne devrait pas être saisie du sujet avant sa séance du 19 octobre. D’autres actifs comme la banque turque Denizbank devraient facilement trouver preneur. En revanche, les filiales de financement des collectivités locales Crediop en Italie et Sabadell en Espagne devraient être plus difficile à vendre.
NINON RENAUD
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