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La durée de travail des salariés français à plein temps est l’une des plus basses d’Europe, Actualités

Un an après son rapport sur « le grand écart » de compétitivité entre la France et l’Allemagne, où il avait dénoncé les divergences d’évolution du coût du travail, COE-Rexecode met, cette fois, l’accent sur la durée du travail. Avec des « chiffres inédits » calculés par l’office européen de la statistique Eurostat permettant, « pour la première fois », d’avoir des données comparables pour chacune des catégories de travailleurs.

A une semaine du sommet social, « cette démarche permet de corriger certains jugements erronés selon lesquels la durée du travail serait plus élevée en France qu’en Allemagne », juge Michel Didier, président de COE-Rexecode. Les entreprises adhérentes de l’institut devraient applaudir.

Selon l’étude, la durée effective annuelle de travail des salariés à temps plein en France est, avec la Finlande, la plus faible d’Europe. En 2010, ces Français ont travaillé, en moyenne, 1.679 heures, soit 225 heures de moins que les Allemands (situés dans la moyenne de l’Union), 177 heures de moins que les Britanniques et 134 heures de moins que les Italiens.

Le tableau présenté est toutefois bien différent si l’on regarde les autres catégories de travailleurs. A 978 heures en 2010, la durée effective du travail pour les salariés à temps partiel en France se situe dans la moyenne européenne et se trouve bien supérieure à l’Allemagne (883 heures). Le contraste est encore plus saisissant du côté des travailleurs indépendants, où la durée du travail en France (2.453 heures en 2010 à temps plein) compte parmi les plus élevées d’Europe, faisant jeu égal avec l’Allemagne.

Autre enseignement, c’est en France que la durée du travail a le plus baissé depuis une décennie : - 13,9 % (pour les salariés à temps plein), contre - 6,1 % outre-Rhin, - 5,3 % au Royaume-Uni ou 5,9 % en Italie. « La France a ajouté à une baisse tendancielle quasi générale en Europe l’effet des 35 heures », poursuit Michel Didier.

L’Insee met toutefois en garde : « Si les chiffres d’Eurostat pour 2010 sont conformes aux nôtres, la méthodologie de notre enquête emploi a été profondément remaniée en 2003 et ne permet pas d’établir une évolution de la durée effective du travail depuis 1999 », indique Fabrice Lenglart, directeur des statistiques démographiques et sociales, surpris par l’ampleur du recul de la durée du travail présentée par l’étude. Les chiffres recalculés par Eurostat font d’ailleurs état d’une forte baisse de la durée du travail au moment même de cette rupture méthodologique, soit après la mise en place des 35 heures. Selon les comptes nationaux de l’Insee, la durée annuelle moyenne du travail des salariés a baissé de 5,2 % entre 1999 et 2010.

Avis partagés

Au vu du taux d’emploi (+ 6,3 % en Allemagne, contre + 3,4 % en France depuis 1999) et du PIB par habitant (+ 13,3 %, contre + 7,3 % respectivement), COE-Rexecode juge que l’Allemagne a, malgré une démographie déclinante, réussi son « partage du travail »en encourageant la négociation d’entreprise et le temps partiel. A l’inverse, la France « n’a pas tiré parti d’une démographie dynamique », la baisse de la durée légale du travail « n’ayant pas stimulé de façon significative le taux d’emploi ». Sans contester l’intérêt des chiffres, l’OFCE ne partage absolument pas les conclusions qu’en tire COE-Rexecode. « Le bilan de la réduction du temps de travail sur l’emploi et la précarité est nettement plus favorable à la France qu’à l’Allemagne », juge l’économiste Mathieu Plane. Il relève que la France a créé 7 % d’emplois de plus que l’Allemagne entre 1999 et 2010 et que le volume total des heures travaillées y a moins baissé qu’outre-Rhin. « La baisse de la durée du travail s’est faite par la durée légale en France, contrairement à l’Allemagne où elle est passée principalement par la hausse du temps partiel, ce qui est une forme plus brutale d’ajustement car souvent subi », analyse-t-il. Même avec de nouveaux chiffres, le débat n’est donc pas prêt de se pacifier…

FRÉDÉRIC SCHAEFFER

 

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Trois PME sur cinq comptent rechercher un financement d’ici à 2013

Par Gaëlle JOUANNE,

Selon une étude de l’Insee publiée le 21 novembre, 51 % des petites et moyennes entreprises ont recherché un financement externe en 2010. Une tendance qui perdure…

Pour assurer leur maintien ou leur développement, les petites et moyennes entreprises sont fréquemment à la recherche d’un financement externe. Au sein des PME dont les effectifs atteignaient au moins dix personnes en 2005 et 2010, 51 % ont recherché un financement en 2010, selon une étude de l’Insee publiée le 21 novembre. Cette proportion est plus élevée qu’en 2007, avant la crise (42 %). Au total, 62 % des PME ont recherché un financement en 2007, en 2010, ou les deux années. C’est aussi la proportion d’entreprises qui comptent rechercher un financement sur la période 2011-2013.

Les entreprises à croissance forte recherchent plus fréquemment des financements. En 2010, 58,2 % d’entre elles sont concernées, contre 50,5 % des entreprises à croissance faible ou moyenne, soit 8 points d’écart. La différence entre les deux catégories d’entreprises est plus faible qu’en 2007 (12 points). Elle descend à 7 points pour les besoins anticipés pour 2011-2013. Parmi les entreprises à croissance forte, les plus jeunes (nées après 2002), appelées « gazelles », sont proportionnellement un peu moins en quête de financements que les autres.

La construction et l’industrie sont les secteurs où la recherche d’un financement est la plus fréquente : en 2010, elle concerne 57 % des PME d’au moins dix personnes dans la construction et 54 % dans l’industrie. Mais c’est dans les services liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) que cette proportion a le plus progressé entre 2007 et 2010 (+ 13 points contre + 9 points en moyenne), atteignant 48 % en 2010.

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10 chiffres méconnus sur la richesse des Français !

Par Emilie Lévêque

Pouvoir d’achat, patrimoine financier et immobilier, pauvreté: ce qu’il faut savoir sur le niveau de vie des ménages tricolores.

 

La boutique Rolex de la place Vendôme à Paris.

La boutique Rolex de la place Vendôme à Paris.
REUTERS/Charles Platiau

L‘Insee a publié ce jeudi l’édition 2011 de l’ouvrage « Les revenus et le patrimoine des ménages« . L’étude présente l’évolution des indicateurs d’inégalité de revenus, de niveaux de vie et de pauvreté entre 1996 à 2008, et fait le point sur la détention patrimoniale en 2010. Ce qu’il faut en retenir.

Plus de 9 ménages sur 10 ont un patrimoine privé

Les deux tiers possèdent à la fois des actifs financiers et des biens immobiliers. Parmi les ménages détenteurs d’un patrimoine financier, 94% possèdent un livret d’épargne et 46% un produit d’assurance-vie. Parmi les ménages possédant un bien immobilier,94% sont propriétaires de leur résidence principale et 30% possèdent une résidence secondaire ou de l’immobilier locatif.

La moitié des ménages sans patrimoine ne boucle pas ses fins de mois

Seuls 6% des ménages français ne disposent d’aucun actif financier ou immobilier. La moitié d’entre eux a des revenus très faibles et a des difficultés à faire face à ses échéances. Plus d’un tiers de ces ménages ont connu une ou plusieurs périodes de chômage de longue durée au cours de leur carrière. Ces ménages sont par ailleurs issus de milieux aisés: neuf sur dix n’ont bénéficié d’aucun héritage ni de donation. Le risque de ne pas détenir de patrimoine est deux fois plus important pour les ménages habitant à Paris.

Un ménage sur deux est endetté

Un ménage sur deux remboursait un emprunt ou un crédit en 2008. Parmi eux, un tiers est endetté pour un achat immobilier et un tiers pour un crédit à la consommation. Le surendettement concerne 3% des ménages et touche davantage les plus pauvres. Selon les chiffres publiés hier par la Banque de France,900 000 ménages étaient surendettés en février 2011. La plupart d’entre eux ont entre 35 et 54 ans. Mais les personnes plus âgées sont de plus en plus touchées.

Un ménage sur dix dépense plus de 44% de son revenu en logement

Le taux d’effort en logement (rapport entre les dépenses engagées pour l’habitation principale et le revenu) dépasse 44% pour 8% des ménages français, contre 20% en moyenne pour l’ensemble des ménages. C’est parmi les personnes vivant seules, les familles monoparentales et les personnes résidant à Paris ou dans une grande ville de plus de 100 000 habitants que se retrouve cette charge e particulièrement lourde du logement. A profil sociodémographique comparable, l’effort consenti au logement est plus élevé pour les locataires du secteur privé que pour les propriétaires et les locataires du parc social.

La pauvreté touche un tiers des chômeurs

7,8 millions de Français vivaient sous le seuil de pauvreté en 2008, c’est-à-dire avec moins de 949 euros par mois pour une personne seule et 2000 euros pour un couple. Le taux de pauvreté monétaire s’élève ainsi à 13%, en recul de 1,5 point par rapport à 1996. La baisse porte surtout sur la période 1997-2001 en raison de la décrue du chômage. De fait, le taux de pauvreté des chômeurs est 2,8 fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population, à 35% contre 7,4% pour les personnes en emploi.

Le niveau de vie des Français a doublé en 40 ans

En 1970, le niveau de vie médian des Français s’élevait à 9290 euros par an. Depuis, le niveau de vie a régulièrement augmenté, surtout dans les années 1970 (+5% en moyenne par an) et entre 1997 et 2001 (+2,5%). Depuis 2002, la hausse est plus modérée (+1,6%). En 2008, le niveau de vie médian des Français s’élevait à 19 000 euros par an. Les 10% de personnes les plus aisées disposent d’un niveau de vie supérieur à 35 550 euros par an, les 10% les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 520 euros annuels.

Les ouvriers ont vu leur niveau de vie croître de 20% en 10 ans

Entre 1996 et 2008, le niveau de vie médian des cadres supérieurs et des professions intermédiaires a faiblement progressé (+0,5% et +0,7% en moyenne par an). Parmi les salariés, seuls les ouvriers, et dans une moindre mesure les employés, ont bénéficié de gains de niveau de vie relativement significatifs entre 1996 et 2008 (respectivement +1,6% et +1,2% en moyenne par an), grâce notamment à la revalorisation du Smic. Reste que ce sont les non salariés (professions libérales, artisans, commerçants, etc.) qui ont vu leur niveau de vie progresser le plus fortement (+2% en moyenne par an).

Le patrimoine des plus riches progresse de 11% par an depuis 2004

Entre 1996 et 2008, les inégalités de niveaux de vie entre les Français les plus riches et les Français les plus pauvres évoluent peu. Néanmoins, jusqu’en 2004, ces inégalités se sont réduites sous l’effet d’une hausse du niveau de vie des plus modestes. A partir de 2004, en revanche, le niveau de vie des plus modestes stagne tandis que celui des plus aisés progresse sous l’effet de la hausse des revenus du patrimoine. C’est ce que l’Insee appelle un accroissement des inégalités « par le haut ».

 

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Déficit de l’Etat : Paris devrait tenir son objectif, Actualités

Le déficit de l’Etat a reculé de plus de 33 milliards d’euros sur un an à la fin octobre, à 99,4 milliards d’euros annonce Bercy. En ligne avec ses objectifs. Mais l’activité industrielle stagne.

En pleine crise européenne, toutes les bonnes nouvelles sont bonnes à prendre. Et il y a fort à parier qu’au coeur des négociations actuelles, la France ne manque pas de souligner qu’elle montre l’exemple en matière d’assainissement des finances publiques. Publiés ce matin, les chiffres du budget de l’Etat à fin octobre confirment en effet l’amélioration de la situation. Selon Bercy, en effet, à fin octobre le déficit de l’Etat a reculé de plus de 33 milliards d’euros sur un an, pour s’établir à 99,4 milliards d’euros. Il atteignait 133,1 milliards un an plus tôt.

Bien sur, cette amélioration doit être relativisée. Et sur l’ensemble de l’année, le déficit de l’Etat ne sera pas meilleur qu’attendu. Il sera simplement, de l’aveu même du gouvernement, « en ligne avec l’objectif » affiché dans le dernier projet de loi de finances rectificative. A la mi-novembre, le ministère du Budget avait indiqué que le déficit budgétaire de l’Etat devrait s’établir en 2011 à 95,3 milliards d’euros, soit 200 millions de moins que prévu auparavant, grâce à une réduction plus importante des dépenses publiques.

Le respect de cet objectif sur l’ensemble de l’année n’est pas uniquement symbolique puisqu’il s’agirait de la première baisse de la dépense publique, hors charge de la dette et des pensions, depuis 1945. C’est aussi un impératif pour que la France tienne son engagement de ramener le déficit public qui cumule, outre celui de l’Etat, ceux des collectivités locales et de la Sécurité sociale, de 7,1% du Produit intérieur brut (PIB) l’an dernier à 5,7% cette année.

Hausse des recettes fiscales

Sur le seul mois d’octobre, les dépenses (budget général et prélèvements sur recettes) refluent nettement du fait de l’extinction quasi totale du surcoût transitoire lié, l’an dernier, à la réforme de la taxe professionnelle. Et d’un niveau de dépenses en 2010 qui avait été gonflé par celles liées aux « investissements d’avenir » du « grand emprunt » selon Bercy. A fin octobre les dépenses s’établissent à 310,8 milliards d’euros contre 354,3 milliards un an plus tôt. Seul point noir, la charge effective des intérêts de la dette à fin octobre progresse d’une année sur l’autre de 6 milliards d’euros.

Du côté des recettes fiscales, on constate une hausse de 7,3 milliards d’euros par rapport à octobre 2010, « globalement en ligne avec la prévision de fin d’année ». Le produit de l’impôt sur les sociétés, très affecté pendant la crise, poursuit son redressement et augmente de 22,8% à périmètre constant. L’impôt sur le revenu rapporte également davantage que l’an dernier (+4,8%) tout comme la TVA (+5,1%). Dans le même temps, et sans surprise, le solde des comptes spéciaux (avances et opérations financières) se dégrade de 15,4 milliards d’euros, affecté principalement par les décaissements du prêt à la Grèce opérés en janvier, mars et juillet 2011.

L’activité industrielle stagne

Mais si les recettes fiscales liées aux entreprises on repris un peu de couleurs, force est de constater que cette reprise risque d’être fragile et tient sans doute avant tout au fait qu’au troisième trimestre, l’économie française avait rebondi davantage que prévu avec une croissance de 0,4 % grâce à la consommation des ménages, selon la première estimation de l’Insee. Or depuis les choses ont tourné court. Selon les chiffres publiés également dans la matinée par l’Insee , la production industrielle de la France est restée stable en octobre après avoir connu une forte baisse de 2,1% en septembre. Et sur les 3 derniers mois, l’activité dans l’industrie affiche un repli de 0,6 %. Les hausses constatées dans l’automobile, les équipements électriques, électroniques, informatiques et les machines, n’ont pas compensé la baisse enregistrée dans ce que l’Insee regroupe sous le terme « autres produits industriels » et où l’on trouve le bois, papier et imprimerie, la chimie, la métallurgie et les produits métalliques, le textile, l’habillement, le cuir et les chaussures et la pharmacie.

Dans ce contexte , et même si les résultats de l’activité industrielle s’avèrent meilleurs que ce qu’attendaient les économistes (le consensus misait sur un repli de 0,3 %), la fin de l’année risque d’être difficile. Jeudi, la Banque de France a d’ailleurs maintenu, sa prévision d’une croissance nulle au quatrième trimestre. Selon les chefs d’entreprises interrogés par l’Institut d’émission, « les prévisions tablent sur un maintien de l’activité à son niveau actuel pour les prochains mois ». De son côté, l’Insee qui actualisera la semaine prochaine le contenu de sa note de conjoncture, estimait, elle aussi, en octobre dernier, que « l’activité stagnerait au quatrième trimestre, en ligne avec la dégradation du climat des affaires, et en particulier des perspectives d’activité » et qu’au total, sur l’ensemble de l’année 2011, la croissance serait de 1,7 %.

CLAUDE FOUQUET

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Inquiétant recul de la masse salariale, Actualités

La masse salariale a reculé au troisième trimestre, pour la première fois depuis deux ans. Cette baisse inattendue affecte les comptes de la Sécurité sociale.

C’est un recul inattendu. Pour la première fois depuis deux ans, la masse salariale des entreprises du secteur privé a reculé au troisième trimestre, selon les chiffres publiés ce jeudi matin par l’Acoss, l’organisme qui recouvre les cotisations pour le compte de la Sécurité sociale. Le recul est léger (-0,1 % par rapport au deuxième trimestre) mais il illustre la brutalité du retournement de l’économie française en milieu d’année.

Il résulterait de la conjonction de deux phénomènes selon l’Acoss : une contraction de l’emploi alors qu’il progressait depuis début 2010, et une diminution du salaire moyen par tête (SMPT). La contribution de l’emploi à la baisse de la masse salariale reste sujette à discussion. Si l’organisme fédérateur des URSSAF estime que 10.000 postes ont été perdus en un trimestre, soit une baisse de 0,1 %, Pôle emploi, qui a rendu publiques mercredi ses propres estimations en la matière, conclut, lui, sur un champ un peu différent, à la création de 5.000 postes salariés, soit une quasi-stabilité. Comme l’Insee. L’Institut de la statistique a divisé ce jeudi matin par deux son chiffrage des créations de postes au troisième trimestre à 3.600.

Tendance alarmante pour les comptes sociaux

La baisse, surprise, du SMPT est évaluée à 0,2 % par l’Acoss. « Cette diminution pourrait s’expliquer en partie par un moindre recours aux heures supplémentaires », précise-t-elle dans sa note. Le 23 novembre, elle a annoncé qu’au troisième trimestre, la croissance de leur volume a fléchi nettement, revenant à une progression de 1,1 % sur un an après 6,3 % sur le deuxième trimestre et 5,9 % au premier trimestre.

Le premier semestre avait été très dynamique pour la masse salariale (+2 % et +0,9 % au cours des deux premiers trimestres). Du coup, en glissement annuel, la masse salariale ne progresse plus que de 3,3 %. Cette tendance est alarmante pour les comptes sociaux. Le budget de la Sécurité sociale pour 2011, qui prévoit un déficit de 18 milliards d’euros pour le régime général, a été construit sur une prévision de masse salariale en hausse de 3,7 %. Après le mauvais chiffre du troisième trimestre, il est désormais presque certain que cette progression ne pourra pas être atteinte. Le déficit risque donc être plus important que prévu.

DOCUMENT  : La note de l’Acoss

La masse salariale et l’emploi du secteur privé au 3e trimestre 2011 -Acoss

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Le chômage et la faible rentabilité des entreprises freinent l’évolution des salaires en France, à l’inverse de l’Allemagne, Actualités

La productivité a progressé de façon similaire en France et en Allemagne depuis dix ans. Mais la France a plus utilisé les gains pour augmenter les salaires.

La modération salariale allemande est peut-être arrivée à un point de rupture. Dès aujourd’hui, les 75.000 salariés de la métallurgie de l’ouest du pays bénéficient d’une hausse substantielle de leur salaire (+ 3,8 %), fruit d’un récent accord entre le puissant syndicat IG Mettall et le patronat, qui donnera le « la » pour les négociations d’autres branches. Et, alors que le chômage est en baisse, les syndicats réclament l’introduction d’un salaire minimum généralisé tandis que la CDU d’Angela Merkel vient de briser un tabou en envisageant de créer un salaire plancher qui varierait selon les secteurs.

De ce côté-ci du Rhin, le chômage de masse n’est pas favorable aux négociations salariales. L’Insee estime que les salaires réels par tête auront à nouveau ralenti cette année (+ 0,6 % après + 0,9 % en 2010), tandis que la crise incite les entreprises à la prudence pour 2012. Cette photographie diffère de celles des années passées. « La France n’a pas de problème de productivité mais de répartition des gains de productivité », estime Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank.

Un modèle « difficile à maintenir »

Depuis le début de l’Union monétaire en 1999, la productivité horaire a évolué au même rythme en France et en Allemagne (1,3 % et 1,4 % par an respectivement). Sauf que « la France a utilisé ces gains pour augmenter les salaires réels au détriment de l’amélioration de la rentabilité des entreprises et de la compétitivité », poursuit l’économiste. De 64,5 % en 1998, la part des salaires dans la valeur ajoutée brute est montée à 67,1 % en moyenne, « soit son plus haut niveau depuis 1993 ». A contrario, la croissance des salaires allemands a été sensiblement inférieure aux gains de productivité. Résultat, « cela a entraîné une perte de compétitivité, mesurée par les coûts unitaires du travail, de 18 % par rapport à l’Allemagne », estime Gilles Moec, pour qui le modèle français basé sur la consommation intérieure est « de plus en plus difficile à maintenir, alors que le reste de la zone euro se convertit au modèle allemand de compétitivité ».

« Fruits d’une modération salariale, les salaires ont augmenté moins vite que la productivité en Allemagne au début des années 2000 alors qu’ils évoluaient à peu près au même rythme en France, note Ronan Mahieu, chef du département des comptes nationaux à l’Insee. Pendant la crise de 2008-2009, les pertes d’emplois ont été inférieures à la chute de l’activité : la productivité du travail a donc diminué en France sans que les salaires réels connaissent une baisse. » Pour Natixis, « la seule manière de réduire la crise des dettes est le retour d’une inflation due à des hausses de salaire ». Mais, si cela est possible en Allemagne, cela l’est moins en France « où le partage des revenus ne s’est pas déformé au détriment des salariés ». « Seule une réforme fiscale réduisant la taxation du travail pourrait autoriser une hausse plus rapide des salaires », note Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques. Sans cela, « la hausse du coût du travail aura probablement des conséquences très négatives sur la profitabilité déjà faible des entreprises et sur l’emploi peu qualifié, qui est très sensible au coût du travail ».

FRÉDÉRIC SCHAEFFER

 

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Opération vérité sur le AAA de la France !

 

DECRYPTAGE Faut-il s’inquiéter de la menace brandie par Moody’s ? Revue de détail des bons points et des handicaps de la France à l’aune des critères que retiennent les agences de notation.

Christine Lagarde, la directrice générale du FMI et Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée le 8 octobre 2011 (SIPA)
Christine Lagarde, la directrice générale du FMI et Nicolas Sarkozy sur le perron de l’Elysée le 8 octobre 2011 (SIPA)

 

Moody’s fait vaciller le sacro-saint AAA français. L’agence de notation américaine a indiqué, hier, qu’elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective sur la note de la dette française était toujours jugée « stable ». Dans le cas contraire, elle pourrait placer la France sous surveillance négative, voire dégrader sa note, jusqu’à présent synonyme de 20/20 auprès des investisseurs.

L’Hexagone serait alors le deuxième « grand » pays AAA à perdre son précieux sésame à cause de la crise, après les Etats-Unis, dégradé en août par Standard & Poor’s. Endettée à hauteur de 70 % auprès de résidents étrangers, la France risquerait alors de subir une envolée des taux d’intérêt de sa dette, qui ont déjà grimpé à 103 points de base au-dessus des taux allemands, un record !

Le gouvernement français croyait pourtant avoir fait le plus dur en annonçant un mini-plan de rigueur de 11 milliards d’euros fin août. Las, les perspectives de croissance, de plus en plus sombres, font déjà dire à François Baroin, le ministre de l’Economie, qu’il faudra peut-être prendre de nouvelles mesures. De plus en plus d’analystes se demandent, en fait, si la France, dont le budget de l’Etat est en déficit depuis trente ans, mérite réellement son AAA. Revue de détail de ses bons points et de ses handicaps, à l’aune des critères des impitoyables agences de notation

1. Un manque de dynamisme économique qui inquiète

L’Insee l’a confirmé fin septembre : la croissance française a été nulle au deuxième trimestre. Après trois bons premiers mois (+ 0,9 %), les économistes n’attendaient pas un tel trou d’air, qui va plomber les recettes fiscales. Si les agences de notation ont loué la capacité de résistance de la France pendant la crise, ses performances actuelles sont inquiétantes.

Pour boucler son budget 2011, Bercy misait d’abord sur une progression de 2% du PIB avant de ramener sa prévision à 1,75%, proche désormais de celle de l’Insee. L’institut table, en effet, sur 0,3% au troisième trimestre puis 0% au quatrième, la croissance atteignant au final 1,7% sur 2011. C’est surtout pour 2012 que la correction va être sévère. Alors que le gouvernement espérait une croissance de 2,25%, il a déjà ramené sa prévision à 1,75 % fin août avant de préciser discrètement que le budget était, en fait, calibré pour une croissance de 1,5%. Quoi qu’il en soit, l’exécutif reste trop optimiste aux yeux des économistes : selon Reuters, leurs prévisions seraient désormais plus proches de 1%, Natixis tablant même sur 0,7% !

Certes, la déconvenue printanière est en partie due à la fin de la prime à la casse, qui a provoqué une chute des ventes d’automobiles et fait plonger les dépenses des ménages de 0,7 %. « C’est le plus mauvais chiffre depuis la fin 1996 et l’extinction des «jupettes» [la prime automobile de l'époque, NDLR]« , rappelle Catherine Stephan, à BNP Paribas. Mais la consommation risque de rester atone dans les mois à venir. Le soutien budgétaire aux ménages a pris fin et les créations d’emplois devraient fortement ralentir, passant de 112.000 au premier semestre à 24.000 au second, selon l’Insee. Le taux de chômage progresserait ainsi légèrement d’ici la fin de l’année pour atteindre 9,2% (9,7% avec les DOM).

Les inquiétudes sont encore plus grandes du côté des entreprises. Le plongeon des marchés financiers, et notamment des valeurs bancaires, pourrait provoquer un resserrement du crédit et freiner la reprise de l’investissement. « C’est particulièrement inquiétant en France, où les taux de marge sont très inférieurs à ceux des autres pays AAA, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni », remarque Jean-Christophe Caffet. « Mais, à la différence de l’Allemagne, la France, dont les exportations sont eurocentrées, est moins sensible à la conjoncture mondiale et s’en sort mieux en période de repli », souligne Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank. En cas de rechute de l’économie mondiale, il est donc probable que les agences ne feront pas de différence entre la France et les autres pays AAA.

2. des finances publiques toujours aussi médiocres

Lestée d’une dette dépassant 85 % du PIB, la France fait partie des mauvais élèves au sein des pays AAA. Comme l’a montré une étude récente de Natixis, l’Allemagne et le Canada seraient les seuls pays du G7 à conserver cette note si l’on ne prenait en compte que les critères quantitatifs de Standard & Poor’s.

Le Royaume-Uni, durement frappé par la crise, accuse un déficit supérieur au nôtre et se rapproche dangereusement de notre ratio d’endettement. En mai 2009, S&P l’avait d’ailleurs placé sous perspective négative, rappelle Norbert Gaillard, consultant à la Banque mondiale. « Il a fallu attendre les élections de mai 2010 et la présentation par David Cameron d’un plan de redressement très dur pour que l’agence lève sa menace. »

Nicolas Sarkozy, lui, a fait le choix de distiller ses mesures de rigueur au compte-gouttes. Certes, les agences ont applaudi le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Mais elles attendent encore de voir comment la France va respecter le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, prévoyant une réduction du déficit de 7,1 % du PIB en 2010 à 5,7 % en 2011, puis 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013.

Coté dépenses, Bercy veut limiter leur progression à 0,8 % par an, hors inflation, contre 2,3 % auparavant. Mais la Cour des comptes et les parlementaires s’interrogent sur la réalité des économies liées à la Révision Générale des Politiques Publiques, censée rapporter 8 milliards d’euros sur 2011 et 2012. « Il faudra bien un jour expliciter la répartition précise des efforts et pas seulement afficher une norme », prévient le député (UMP) Gilles Carrez, rapporteur du budget. Côté recettes, 0,5 point de croissance en moins prive l’Etat de 6 milliards d’euros de rentrées fiscales.

Pour 2011, l’objectif semble encore réalisable. « En 2010, le déficit a été réduit de 0,6 point de PIB de plus que prévu, mais le gouvernement s’est gardé une cagnotte en ne révisant son déficit 2011 que de 0,3 point », souligne Jean-Christophe Caffet. Les mesures présentées parFrançois Fillon, le 24 août 2011 doivent aussi permettre de faire rentrer 1,2 milliards supplémentaires dans les caisses dès cette année.

Pour 2012 et 2013, la tâche s’annonce, en revanche, bien plus ardue malgré les 10 milliards de recettes supplémentaires annoncées par le Premier ministre. « S’il veut respecter ses engagements européens, Nicolas Sarkozy devrait revenir sur ses dépenses inconsidérées, comme la baisse de la TVA dans la restauration », assène le socialiste Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée.

Déjà, le président a accepté de raboter les exonérations sur les heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat.  »Il essaie de trouver une voie médiane entre laxisme et austérité, constate Gilles Moec. Mais, avec la dégradation de la dette américaine et les réactions des marchés, il doit s’engager clairement dans la rigueur au moment même où il faudrait soutenir la demande intérieure. »

3. Des institutions qui fonctionnent plutôt bien

C’est le critère le moins problématique pour la France. La situation est bien plus favorable qu’aux Etats-Unis, dont la note a été dégradée, en partie, en raison des blocages politiques : l’administration Obama a eu le plus grand mal à faire voter son plan par la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Rien de tel en France : même si le Sénat est passé à gauche, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot.

Cette victoire aura seulement obligé Nicolas Sarkozy à renoncer à sa fameuse « règle d’or« , qui devait permettre de rassurer les agences de notation. Son projet prévoyait qu’à partir de 2013 des lois-cadres fixeraient, sur au moins trois ans, un plafond de dépenses et un minimum de recettes à respecter. Mais cette réforme nécessitait une révision de la Constitution et donc l’approbation d’une majorité des trois cinquièmes du Congrès, réunissant sénateurs et députés. Or, la gauche, victorieuse au Sénat, est fermement opposée au projet.

« Rien n’empêche ces lois-cadres d’être révisées chaque année et il n’y a aucune garantie de retour à l’équilibre, pointe Jérôme Cahuzac. A l’inverse, la règle allemande impose de faire les efforts nécessaires dès maintenant pour aboutir à un déficit de 0,35 % du PIB en 2016. » Si les agences de notation durcissent leurs menaces dans les prochains mois, nul doute que le sujet reviendra tout de même sur le tapis au lendemain des élections présidentielles.

David Bensoussan, journaliste à Challenges

 

Lire la suite sur : Opération vérité sur le AAA de la France – Challenges.fr.

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