CFE : nous avions prévenu… « Ensemble pour Saint-Etienne
Le 26 septembre 2011, lorsque M. Vincent a présenté à Saint-Etienne Métropole les nouvelles bases de l’établissement de la CFE, nous n’avons été que 9 élus à voter contre et 5 à s’abstenir sur les 135 conseillers communautaires qui composent l’assemblée. A chacun d’assumer à présent son choix et son silence. Contrairement à eux, nous avons alerté l’Exécutif métropolitain sur les conséquences que cette décision allait engendrer sur nos TPE et nos PME-PMI.
Le mécontentement exprimé aujourd’hui par tous, nous donne malheureusement raison…
Le 12 décembre 2011, lors du débat d’orientation budgétaire 2012 de Saint-Etienne Métropole, nous sommes revenus à la charge, en dénonçant l’augmentation de 6 % de la CFE prévue par M. Vincent. Le Président de Saint-Etienne Métropole envisageait en effet de porter le taux de CFE de 27,71 % à29,45 % en 2012, atteignant ainsi le seuil maximum juridiquement autorisé.
Mon collègue Gaël Perdriau l’avait alors clairement prévenu : « Je ne sais pas si vous rencontrez de temps en temps des dirigeants de PME-PMI, mais, pour information, ils subissent de plein fouet la crise depuis 2008. Plutôt que de soutenir cette économie, vous leur proposez de les taxer encore davantage. Nous pensons que vous allez trop loin, que ces 6 % sont excessifs, et qu’ils vont affecter l’activité économique de l’Agglomération. Ce n’est pas un encouragement à la création d’entreprise, au développement des entreprises sur notre territoire. J’espère, et je vous demande, Monsieur le Président, de ne pas aller jusque-là, lorsque vous nous présenterez le budget. Je rappellerai au passage, que vous avez déjà fixé, au taux maximum autorisé par la loi, le taux de la taxe du versement transport aux entreprises en 2010, ce qui est un geste qui, déjà, n’avait pas été apprécié par le monde économique. »
M. Vincent nous avait alors répondu comme suit : « La contribution que nous demandons aux entreprises aujourd’hui, du fait de l’application de la réforme de la TP, est considérablement plus faible. » Avant d’ajouter que la CFE « est parfaitement supportable, y compris dans le contexte économique. Je voulais le signaler, parce que je tiendrai ce même discours auprès des chefs d’entreprises.» !
Deux jours plus tard, le 14 décembre 2011, nous avons écrit à l’ensemble des acteurs et décideurs économiques de notre territoire pour les alerter et les appeler à se mobiliser contre cette hausse prévisionnelle de 6 % de la CFE.
Grâce à cette mobilisation et au soutien de l’ensemble du monde économique, nous avons réussi, ensemble, à faire infléchir les orientations fiscales prises en décembre par M. Vincent.
Le 07 février 2012, lors du vote du budget 2012, l’Exécutif métropolitain a finalement décidé de porter le taux de CFE à 28,81 % au lieu de 29,45 %, sans que cela n’obère l’équilibre budgétaire de l’Agglomération. Preuve que cette hausse prévisionnelle du taux était excessive et injustifiée.
C’est ce que nous avons rappelé en séance au Président de Saint-Etienne Métropole, en soulignant que cette augmentation de la CFE de 4 % restait très importante et qu’elle aurait des conséquences sur nos entreprises, notre économie et nos emplois. Encore une fois, les faits nous donnent raison…
Pour autant, nous n’avons été que 7 élus sur 135 à voter contre ce budget 2012, et donc contre cette nouvelle hausse de la CFE.
Maurice Vincent ne peut pas dire aujourd’hui qu’il ne savait pas, qu’on ne l’avait pas prévenu. Que chacun assume désormais et aille expliquer aux commerçants, chefs d’entreprise et autres acteurs de l’économie locale, pourquoi il a voté les nouvelles bases de l’établissement de la CFE, la hausse de 4 % de cette taxe, la hausse de 5 % de la Taxe sur les Surfaces Commerciales (TASCOM) ou pourquoi il a voté pour que le taux de Versement Transport (VT) soit porté au seuil maximum autorisé par la loi.
Nous, élus de l’opposition à Saint-Etienne, nous savons pourquoi nous avons voté contre toutes ces mesures, qui vont à l’encontre d’une politique économique dynamique, et qui empêchent nos entreprises de se développer, de gagner en compétitivité, de créer de la richesse et de l’emploi sur notre territoire.
Ghislaine CELDRAN
CFE : nous avions prévenu… « Ensemble pour Saint-Etienne.
L’entrepreneur et « ses » patrimoines : définir une véritable stratégie patrimoniale dès la création ou le rachat de l’entreprise
LE CERCLE. En dépit de la théorie de l’unicité du patrimoine selon laquelle il est une enveloppe universelle recueillant l’intégralité des droits et des biens d’un individu, deux patrimoines peuvent coexister pour une même personne : un patrimoine personnel et un patrimoine professionnel articulé autour de l’entreprise.
Or, patrimoines personnels et professionnel sont interdépendants. En effet, en créant ou en rachetant une entreprise, l’entrepreneur met en jeu son patrimoine personnel, engageant ainsi ses proches et son statut social, dans l’objectif de réaliser son projet.
Il convient donc à l’entrepreneur de définir une véritable stratégie patrimoniale afin de déterminer quelles sont ses priorités au regard de la protection de son patrimoine personnel d’une part et d’autre part, ses objectifs quant au développement de son patrimoine professionnel, durant les trois phases importantes de la vie de son entreprise :
La création ou le rachat de l’entreprise
Il s’agit d’un moment clé durant lequel l’entrepreneur doit se poser les bonnes questions afin de déterminer :
1) la nature de son exploitation : les sociétés à risque limité telles que la SA (société par actions) et la SARL (société à responsabilité limitée), les sociétés à risque illimité telles que la société en nom collectif ou la société en commandite simple, ou encore
l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) ;
2) l’étendue de sa protection : comment protéger sa famille, son logement ? Quelle forme sociale choisir pour exploiter ? Vers quelle protection sociale s’orienter? etc.
L’optimisation des patrimoines personnels et professionnels
Les richesses ayant vocation à être créées au moyen du patrimoine professionnel puis transmises dans le patrimoine personnel, l’entrepreneur doit optimiser cette transmission de richesse de l’un à l’autre. En ce sens, il doit s’interroger sur les modes de financement du développement de l’entreprise, les garanties à mettre en place pour protéger son patrimoine personnel et professionnel, l’incidence des choix fiscaux pris dans le cadre de l’exploitation sur le patrimoine personnel, le mode de détention patrimonial, etc. Pour cette dernière catégorie, lorsque le bien est détenu directement au nom du chef d’entreprise, il est alors imposé dans l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers. Si l’entrepreneur a constitué une SCI, il a alors la possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés.
La transmission des patrimoines
Durant cette phase, l’entrepreneur doit se demander comment préparer la suite, assurer la gouvernance, mais également l’équilibre de sa famille et l’égalité de ses enfants, sécuriser le nouveau dirigeant, etc.
De plus, l’entrepreneur ne doit pas oublier de prendre en compte les changements législatifs récents, et notamment le durcissement de l’imposition de la transmission du patrimoine du projet de Loi de Finances rectificative du 4 juillet 2012, afin d’adapter sa stratégie en conséquence et de valoriser au mieux ses patrimoines.
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Calculez votre impôt sur le revenu 2012, Actualités – Les Echos Entrepreneur
Le gouvernement met à la disposition des contribuables un simulateur pour réaliser une estimation de leur impôt pour 2012.
Toutes les personnes dont le domicile fiscal est situé en France sont, en principe, passibles de l’impôt sur le revenu. Les contribuables devront ainsi déclarer leurs revenus perçus en 2011, soit sur un imprimé fourni par l’administration fiscale, soit directement sur le site internet de l’administration fiscale (www.impots.gouv.fr). Cette déclaration en ligne est, comme pour la déclaration papier, pré-remplie sachant qu’il est possible pour le contribuable de corriger les montants portés par les services fiscaux.
Les contribuables ont, dès à présent, la possibilité de réaliser, grâce au simulateur mis en place par le ministère des Finances, une simulation en ligne de leur impôt sur le revenu de 2011. Cet outil ayant intégré les mesures fiscales nouvelles apportées par la loi de finances pour 2012.
Le montant ainsi calculé de l’impôt sur le revenu est toutefois donné au contribuable à titre indicatif.
viaCalculez votre impôt sur le revenu 2012, Actualités – Les Echos Entrepreneur.
Revenus après impôts : le Québec avant-dernier de la classe | Le blogue de Pierre Duhamel
Revenus après impôts : le Québec avant-dernier de la classe
Ce qui me dérange le plus dans nos charmants débats sur l’exploitation des hydrocarbures, du minerai, de la forêt et du potentiel hydroélectrique, c’est l’a priori voulant que le Québec soit tellement riche et qu’il a les moyens de bouder tous les investissements, que ses coffres sont pleins et que le monde est à nos pieds pour acheter ou développer les ressources aux conditions que nous voudrons bien fixer.
Ce n’est pas de dénigrer le Québec que de dire que le tableau n’est pas si rose et qu’il faudrait faire preuve d’un peu plus de modestie. Il y a des choses fascinantes et extraordinaires dans l’économie québécoise, mais le portrait d’ensemble est quand même préoccupant.
À preuve, cette nouvelle étude de l’Institut de la statistique du Québecqui met le Québec à l’avant-dernier rang des provinces canadiennes quant au revenu personnel disponible. En clair, cet indicateur additionne les revenus de travail, de placement, les paiements effectués par des entreprises privées (fonds de pension…) et les transferts des gouvernements aux particuliers, moins les impôts et cotisations payés.
Nous ne devançons que l’Île-du-Prince-Édouard. Oui, selon l’ISQ, le Nouveau-Brunswick est plus riche que le Québec et je n’en retire pas une grande fierté, avec tout le respect que je dois aux habitants de la province voisine. Depuis 2005, nous avons été dépassés par cinq provinces canadiennes !!! S’il y a rattrapage (léger), c’est avec l’Ontario, mais dans l’ensemble nous nous éloignons de la moyenne canadienne.
Aussi troublant, est le fait que 22 % des revenus des Québécois proviennent des transferts gouvernementaux, des allocations familiales à la sécurité de la vieillesse en passant par l’assurance-emploi et l’aide sociale.
Les citoyens ont une grande dépendance face aux gouvernements et nos gouvernements ont développé au fil des ans une plus grande dépendance face aux marchés financiers (endettement).
Tout cela n’est pas un motif de réjouissance.
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De plus en plus de fonctionnaires font des heures sup’ dans le privé #Economie
le 29 décembre 2011
Aidés par le statut d’autoentrepreneur… et par la conjoncture économique, les fonctionnaires sont de plus en plus nombreux à exercer une activité privée.
Le gouvernement a annoncé mardi le gel de l’indice salarial des fonctionnaires en 2012 pour la seconde année d’affilée, ont annoncé les syndicats, à l’issue d’une réunion à Bercy. Une très mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat de nombreux salariés du public. © TF1/LCILa maîtresse de vos enfants donne peut-être des cours du soir à ses voisins, et la personne qui s’occupe de vos impôts fourni des conseils juridiques à des particuliers pendant ses congés. Les fonctionnaires ont été 60% de plus, en 2010, à demander à exercer une activité dans le privé en plus de leur métier dans le public. C’est ce qui ressort d’un rapport de la commission de déontologie de la fonction publique, auquel a eu accès Les Echos dans son édition de jeudi. Les fonctionnaires peuvent ainsi travailler en dehors de leurs heures de travail depuis 2007.
Selon le rapport, cet essor s’explique d’abord par la création du statut d’autoentrepreneur. Mais la crise joue aussi son rôle, puisque les salaires des fonctionnaires sont gelés et la crainte du chômage pèse pour le conjoint. »Les agents veulent arrondir leurs fins de mois sans perdre le statut protecteur de fonctionnaire », explique un membre de la commission au quotidien économique.
Commerce et BTP
Par ailleurs, les fonctionnaires ne demandent pas à passer en temps partiel pour développer leur activité, ils préfèrent s’en occuper pendant leurs jours de congés ou de repos. Et parmi tous les domaines disponibles, les fonctionnaires de la fonction publique d’Etat préfèrent travailler dans le commerce, l’hôtellerie ou la restauration en premier lieu (16,8%), puis dans les soins du corps et du bien-être (10,3%), dans le juridique et le conseil (9,5%). Dans la fonction publique territoriale, ils sont 21,3% à travailler en plus dans le BTP et les travaux chez les particuliers, 12,1% dans les services à la personne et 11,8% dans le jardinage et les espaces verts.
Au total, 5.000 agents se sont lancés dans le cumul d’activité entre 2007 et 2010 via une création d’entreprise note les Echos. Mais ils sont sûrement beaucoup plus à cumuler des activités. Car pour n’être que salarié d’une entreprise de service ou d’une association, l’autorisation peut être donné directement par la hiérarchie. Et aucune statistique n’est disponible.
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Comptabiliser une réduction de capital, Actualités – Entrepreneur
A quelle date doit être comptabilisé une réduction de capital non motivée par des pertes ? A l’issue du délai d’opposition des créanciers.
Une opération de réduction du capital ne peut être comptabilisée pendant le délai d’opposition des obligataires et créanciers de la société, la Commission des études comptables ayant estimé que le respect de ce délai constitue une condition suspensive à la réalisation de l’opération. Le délai de 20 jours débute à compter de la date du dépôt au greffe du procès-verbal de délibération de l’assemblée générale décidant ou autorisant la réduction de capital. L’opération ne peut également pas commencer avant que le juge ait statué en première instance sur l’opposition formulée par les créanciers.
Si le délai d’opposition des créanciers est en cours à la date de clôture de l’exercice, une mention dans l’annexe aux comptes annuels est nécessaire afin d’informer de la réduction de capital à venir, si l’opération revêt un caractère significatif.
Pierre Cléon
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Plus que quelques jours pour réduire votre impôt sur le revenu, #Entrepreneur
Vous avez jusqu’au 31 décembre pour saisir les dernières opportunités afin de réduire votre impôt sur le revenu 2011.
Après les récents plans d’austérité votés par le parlement, la loi de finances pour 2012 devrait, une nouvelle fois, alourdir la fiscalité du patrimoine à partir du 1er janvier prochain. Il ne vous reste donc plus que quelques jours pour profiter des avantages fiscaux liés aux investissements réalisés en 2011 et ainsi réduire votre impôt sur le revenu.
Si, dans cette optique, il semble trop tard pour commencer vos démarches en vue d’acquérir un bien immobilier locatif (Scellier, Censi-Bouvard…) avant le 31 décembre, il vous est toutefois possible de bénéficier des avantages fiscaux attachés à ces investissements en souscrivant des parts de SCPI. Certaines d’entre elles offrant ainsi aux épargnants la possibilité de bénéficier de la réduction d’impôt Scellier ou des avantages liés à la location meublée non professionnelle (LMNP Censi-Bouvard). Le dispositif Scellier vous ouvrant ainsi droit, pour les investissements réalisés avant le 31 décembre, à une réduction d’impôt de 22 % du prix d’acquisition, dans la limite de 300 000 €.
Pour alléger votre feuille d’imposition 2011, il vous est encore possible de réaliser un investissement dans une PME en direct ou via l’acquisition de parts de fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), de fonds d’investissement de proximité (FIP) voire un fonds finançant le cinéma (SOFICA). Vous bénéficierez alors d’une réduction d’impôt de 22 % de vos versements, retenus dans la limite de 12 000 € pour une personne seule et de 24 000 € pour un couple marié ou pacsé. Cet avantage fiscal étant toutefois subordonné à une obligation de conservation des titres pendant au moins 5 ans.
Enfin, il est encore temps de réaliser des versements sur vos produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, Préfon…) . Ces versements sont déductibles du revenu imposable, mais seulement dans une certaine limite. Pour les versements effectués sur le Perp, le plafond est ainsi égal au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels (plafonné à 27 696 €) ou 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale (3 462 €).
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Fiscalité – Les Etats-Unis offre un Deal à 11 banques suisses à fin d’éviter des poursuites pénales – Reuters
ZURICH |
(Reuters) – Des responsables américains offrent 11 banques suisses, parmi lesquels le Credit Suisse (CSGN.VX ), un accord qui leur permet d’éviter des poursuites pénales, en échange de révéler les détails de leurs activités au large des côtes des Etats-Unis à Washington, un document a rapporté dimanche .
Célèbre pour le soin avec lequel il protège l’anonymat des titulaires de compte, l’état alpin a été forcé d’agir par une série de sondes américaines en évasion fiscale présumée par les Américains dissimuler leurs avoirs dans les banques suisses.
En 2009, le Parlement suisse a approuvé un accord pour permettre à UBS ( UBSN.VX ) pour révéler les détails des clients américains autour de 4450 et de payer une amende 780 millions de dollars pour mettre fin à la procédure fiscale de longue haleine qui avait menacé l’avenir de la plus grande banque du pays.
Le gouvernement suisse a été en pourparlers avec les autorités américaines depuis des mois pour tenter d’obtenir une enquête sur 11 banques a chuté, en échange de lourdes amendes prévu sur les rives et la remise des noms.
Credit Suisse ( CSGN.VX ), Julius Baer ( BAER.VX ) et Banque Cantonale de Bâle ( BSKP.S ) sont parmi les banques sous enquête.
Citant une source anonyme, le journal a rapporté que SonntagsZeitung 11 banques seraient tous offert une affaire comme celle à laquelle UBS convenu.
En échange, les banques auraient à accepter les demandes américaines d’assistance administrative en cas d’évasion fiscale qui signifierait livrer toutes les informations sur leurs activités au large des côtes des Etats-Unis passent par Berne et aux Etats-Unis, a rapporté le journal.
Le journal précise que les banques seraient probablement accepter l’accord.
Par ailleurs, dans le cadre d’un accord les noms des clients américains seraient noircis et les banques seraient également condamné à une amende, selon le journal, ajoutant que les banques avaient jusqu’à mardi pour accepter les termes de l’écriture.
Selon le document, les informations les banques auraient à remettre inclus:
- Correspondance entre une banque et ses clients américains, y compris les notes des conversations téléphoniques et de réunions.
- Des notes internes sur l’entreprise cliente américaine à partir des unités d’affaires et de gestion pertinentes
- Correspondance entre les banques et les tierces parties, tels que les gestionnaires de fortune indépendants concernant les clients américains
- Tous les documents sur le modèle d’affaires américains et sur les fonds américains qui ont été transférés à des tiers.
Le journal précise que les 11 établissements auraient à révéler les noms des banquiers qui ont mené l’activité offshore, même si des poursuites pénales contre les individus ne seraient pas repris.
Credit Suisse, Banque Cantonale de Bâle et de HSBC en Suisse aurait à livrer du matériel par le Décembre 31, le papier dit.
Un porte-parole pour le Credit Suisse a refusé de commenter. L’Association suisse des banquiers n’était pas immédiatement disponible pour commenter. Ni a été un porte-parole de Julius Baer.
Un porte-parole du Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales, qui a représenté le gouvernement suisse dans les négociations avec les Etats-Unis, a aussi été pas immédiatement disponibles.
(Reportage par Catherine Bosley , édité par Jon Loades-Carter)
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Bruxelles lance l’offensive contre les agences de notation, Actualités
La Commission européenne dévoile demain un nouvel arsenal législatif pour encadrer les agences de notation. Parmi les mesures, la suspension de la notation des pays sous aide internationale et la possibilité d’engager la responsabilité civile des agences.
D’une certaine manière, la monumentale bourde de Standard & Poor’s avec la France aurait presque de quoi réjouir la Commission européenne. Hasard du calendrier, c’est en effet demain que l’exécutif européen doit présenter un nouvel arsenal législatif pour encadrer les agences de notation. Depuis des mois, ces dernières sont dans le collimateur de Bruxelles, qui les considère comme « une des causes de la crise ». Encore vendredi, Michel Barnier n’a pas hésité à charger leur barque après l’erreur sur le triple A français. « Cet incident est grave et il montre que, dans la situation extrêmement volatile et tendue des marchés actuellement, les acteurs de ces marchés doivent faire la preuve d’une rigueur et d’un sens particulier de la responsabilité », a indiqué le commissaire au Marché intérieur.
Cette bévue donne forcément plus de poids à Michel Barnier face aux trois géants du secteur - Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch -, qui bataillent depuis des mois contre la législation en préparation. Signe de cette hostilité, Michel Madelain, le patron opérationnel de Moody’s, a envoyé une lettre le 31 octobre au Conseil des ministres des Finances de l’Union : il dénonce un texte qui aboutirait à « perturber l’accès au marché des capitaux pour les Etats et les entreprises et à augmenter la volatilité des marchés européens de crédit », selon ce document dont « Les Echos » ont obtenu copie.
Les trois acteurs majeurs du secteur se plaignent de devoir se plier au troisième texte de réglementation en deux ans. Les deux premiers les obligent notamment à obtenir une licence auprès de l’autorité européenne des marchés (l’Esma) pour exercer sur le Vieux Continent. Le texte dévoilé demain devrait aller plus loin et imposer une série de nouvelles contraintes, selon la dernière version qui circulait en fin de semaine dernière. Parmi les points phares figure notamment la possibilité d’interdire temporairement la notation sur une dette souveraine. « C’est une mesure qui ne pourra être prise qu’en des circonstances exceptionnelles, ce n’est en aucun cas un retour à l’économie administrée », indique une source européenne. En clair, cette suspension pourra être prononcée par l’Esma en cas de « volatilité excessive » ou lorsqu’un Etat sera en train de négocier un programme d’aide internationale. Bruxelles avait en effet particulièrement mal digéré l’an dernier qu’une agence déclasse la dette de la Grèce alors qu’était monté le premier programme de renflouement…
D’une manière générale, le texte veut poser des bornes à l’influence et au pouvoir jugés excessifs des agences. Ainsi, un Etat - comme une entreprise -aura un délai de 24 heures pour répondre à une notation avant que celle-ci soit publiée. N’importe quel investisseur pourra attaquer en justice l’agence de notation pour obtenir des dommages et intérêts, puisque sera créé un « cadre européen de responsabilité civile en cas de faute caractérisée ou de négligence grave ». Le genre de mesures qui intéressera la France…
Briser l’oligopole des « big three »
Par ailleurs, les agences auront l’obligation de faire approuver tout changement de leur méthodologie par l’Esma. Un repoussoir pour Michel Madelain, le patron de Moody’s, qui estime que cela va « soulever des questions chez les investisseurs sur l’intégrité des marchés européens du crédit ».
Enfin, l’objectif de Bruxelles est aussi de casser l’oligopole des « big three ». L’idée de créer une agence européenne de notation a été abandonnée. Pour favoriser la concurrence, la Commission veut imposer une rotation aux émetteurs de dettes : les entreprises et les Etats auront l’obligation de changer d’agence tous les trois ans. Si jamais elles recourent aux services d’au moins deux, l’une d’entre elles pourra voir son bail allongé jusqu’à six ans.
RENAUD HONORE, Les Echos
BUREAU DE BRUXELLES
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La face cachée de Warren Buffett
A 81 ans, la troisième fortune mondiale entretient le mystère sur l’homme qui lui succédera à la tête de sa société d’investissement. Il est bien plus prolixe lorsqu’il s’agit de faire campagne pour surtaxer les riches.
Warren Buffett est l’homme le plus riche des Etats-Unis après Bill Gates. (SIPA)Pouvez-vous imaginer Bernard Arnault ou Gérard Mulliez, première et deuxième fortunes de France, suppliant Nicolas Sarkozy d’augmenter leurs impôts pour sauver les finances du pays? Non? C’est pourtant ce que vient de faire Warren Buffett, l’homme le plus riche des Etats-Unis après Bill Gates, exhortant Barack Obama à taxer les grosses fortunes, à commencer par la sienne. En pleine tempête budgétaire, alors que ses adversaires républicains sont vent debout contre tout projet d’augmentation d’impôts, le président américain n’aurait pu espérer plus beau soutien.
Les deux hommes avaient-ils préparé leur coup la dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés, dans le bureau ovale, le 18 juillet ? Un mois plus tard en tout cas, Warren Buffett signait dans le New York Times une vibrante tribune aux accents de lutte des classes: « Arrêtez de couver les superriches, lançait-il à l’adresse du président. Pendant que des pauvres et les enfants de la classe moyenne combattent en Afghanistan, que des milliers d’Américains luttent pour boucler leurs fins de mois, nous, les ultra-riches, continuons à bénéficier d’avantages fiscaux extravagants. »
A contre-courant
Le milliardaire enfonce le clou, quelques jours plus tard, sur la chaîne publique PBS: « Est-il normal que je paie moins d’impôts que ma secrétaire? » Avant de rendre publics, dans une lettre adressée à un membre du Congrès et datée du mardi 11 octobre, les détails de ses revenus et de sa feuille d’impôts : l’année dernière, Warren Buffet a gagné 62,8 millions de dollars – soit, après déductions fiscales, un revenu imposable de 39,8 millions – et s’est acquitté d’un impôt de 6,9 millions de dollars ! Du pain bénit pour Barack Obama. Debbie Bosanek, la fidèle assistante de Warren Buffett, est d’ailleurs devenue le meilleur argument du président américain pour promouvoir ce qu’on appelle désormais, avec la bénédiction de son inspirateur, la « taxe Buffett ». Et la deuxième fortune du pays sera l’invité d’honneur de la grande levée de fonds en faveur de Barack Obama, qui lancera sa campagne présidentielle chez un banquier de Chicago, le 27 octobre, dans un dîner à 35. 000 dollars le couvert.
Sacré Buffett ! A 81 ans, le patron de Berkshire Hathaway n’a pas fini de surprendre. Déjà, en août 2010, il avait lancé avec son ami Bill Gates et 38 autres milliardaires un Giving Pledge, l’engagement à laisser l’essentiel de sa fortune personnelle (47 milliards de dollars en ce qui le concerne) à des oeuvres. Père de trois enfants qu’il a envoyés à l’école publique, réputé pour ses goûts frugaux et son mode de vie modeste, il n’est pas du genre à laisser une cuillère d’argent à ses héritiers : à sa petite-fille qui partait à l’université et lui demandait de l’aider pour acheter un futon, il a fait répondre par Debbie : « Tu connais la règle : je ne finance que les études. »
Ce comportement, à des années-lumière du bûcher des vanités de Wall Street, Warren Buffett l’applique aussi à son art de faire des investissements. « Soyez avides quand les autres sont craintifs, craintifs quand les autres sont avides » est une de ses maximes préférées. Rien ne lui plaît tant que les crises, quand les belles valeurs sont massacrées par le marché. C’est ainsi qu’en 2008 il investissait 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs et 3 milliards dans General Electric, que la faillite de Lehman Brothers menaçait d’asphyxie. Mais il a exigé un intérêt de 10% par an sur les actions préférentielles qu’il a acquises. Goldman a remboursé Berkshire en mars dernier. Au total, dividendes compris, Warren Buffett a enregistré un profit de plus de 1,6 milliard de dollars, et plusieurs centaines de millions avec GE.
Méfiant envers Internet
De même, il a sorti son carnet de chèques plusieurs fois au cours de ces derniers mois. Au début de l’été, Berkshire lançait une OPA non sollicitée sur le réassureur new-yorkais Transatlantic Holdings, une opération à 3,2 milliards de dollars. Sa première offre a été rejetée, mais il vient de la reformuler. En septembre, il décide d’investir 5 milliards de dollars dans Bank of America, entraînant une hausse immédiate de plus de 20 % du titre. Il faut dire qu’avant la tempête de 2010-2011 la progression annuelle moyenne de l’action Berkshire Hathaway a été de 28% par an pendant vingt-cinq ans, trois fois mieux que l’indice S&P 500 sur la même période.
Car Warren Buffett a résisté à toutes les modes. Il est réputé pour s’être tenu à l’écart de la bulle Internet, quand les investisseurs y fonçaient tête baissée. Il ne croit que dans des business qu’il comprend et des marques qu’il connaît. Même s’il a 14 515 followers sur son compte Twitter, il se méfie toujours des nouvelles technologies et regarde avec circonspection la bulle qui gonfle autour des réseaux sociaux. « Il préférera toujours une valeur sûre du jour à un coup qui pourrait être fabuleux demain », témoigne un analyste. Surtout, il ne dévie jamais de sa stratégie de long terme: « Si vous n’êtes pas prêt à garder une action pendant dix ans, ne la gardez même pas dix minutes », dit-il souvent.
La confiserie See’s Candies, sa première acquisition – 25 millions de dollars en 1972 -, est toujours en bonne place dans son portefeuille. Alors que la plupart des investisseurs ne jurent que par les courbes, les ratios et les calculs de probabilité, lui s’intéresse d’abord aux produits et aux hommes: « Je dois comprendre pourquoi quelqu’un qui a tout l’argent qu’il veut continue à se lever le matin Je dois savoir s’ils aiment l’argent ou s’ils aiment le business. » Et si la plupart des fonds spéculatifs s’empressent de remercier les équipes en place, lui maintient le management.
Une succession compliquée
Sa recette a jusqu’à présent magnifiquement fonctionné: 10.000 dollars investis en titres Berkshire Hathaway en 1965 valent 80 millions de dollars en 2010, d’après la dernière lettre de Warren Buffett adressée à ses actionnaires! Seule inquiétude pour ces derniers: l’âge du capitaine. Et surtout sa succession.
La dernière option envisagée est tout droit sortie d’une scène de fiction: le repas d’affaires le plus cher du siècle. Ted Weschler, qui a réglé l’addition, en fut le héros. Pour partager un steak avec son idole, ce financier de 50 ans à la tête de Peninsula Capital, un fonds quasi inconnu de Charlottesville (Virginie), n’a pas hésité à débourser un peu plus de… 5 millions de dollars! Deux années de suite, il a signé un chèque de 2,6 millions pour remporter les enchères lors de la traditionnelle opération de charité organisée par Glide, une église de San Francisco, dont le premier lot est un repas avec le patron de Berkshire Hathaway.
A la demande de Weschler, le dîner a eu lieu à Omaha (Nebraska), la ville natale de Warren Buffett, et dans son restaurant favori, Piccolo, un steakhouse sans prétention. Nul ne sait ce qui s’est dit entre les ribs et cannettes de root beer, cet infâme soda au goût de Malabar que le milliardaire affectionne presque autant que le Cherry Coke. Mais le courant est passé: Ted a été réinvité à Omaha en mai dernier, lors de la traditionnelle grand-messe qui réunit, trois jours durant, 15.000 actionnaires de Berkshire Hathaway pour le « Woodstock du capitalisme », comme l’appelle Buffett.
Et, en septembre, bingo! Il était embauché pour devenir cogérant de cet empire qui pèse près de 200 milliards de dollars en Bourse et couvre une cinquantaine de sociétés, allant de Coca-Cola au réassureur General Re, en passant par American Express, Kraft Foods, ou le géant de la téléphonie Comcast… Le dauphin, qui prendra son poste début 2012, commencera à se faire la main avec 1 ou 2 milliard de dollars, avant de gérer, un jour, les 40 milliards de cash dont dispose le fonds pour faire des acquisitions.
Si tout se passe bien. Car ce n’est pas la première fois que l’homme le plus riche du monde après Carlos Slim et Bill Gates désigne un successeur potentiel. Mais jusqu’à présent, il n’a pas eu la main heureuse. Lou Thomson, un de ses vieux compagnons de route, qui n’avait que six ans de moins que lui, a pris sa retraite il y a un an. Le Sino-Américain Li Lu, qui lui avait judicieusement conseillé de prendre une participation dans le fabricant de batteries électriques chinois BYD (1,2 milliard de dollars de plus-value), a disparu des écrans radars.
Intraitable sur l’honnêteté
Il y a un an encore, c’était le brillant David Sokol qui semblait tenir la corde. Jusqu’à ce qu’on découvre qu’il s’était goinfré de titres de Lubrizol, une entreprise chimique, juste avant d’en recommander l’achat à Warren Buffett. Une tache au parfum de délit d’initié, impardonnable compte tenu de la réputation jusqu’alors irréprochable de Berkshire. Le patron milliardaire, qui a toujours érigé l’honnêteté en valeur cardinale, a dû s’excuser devant ses actionnaires, et Sokol a démissionné en mai dernier.
Ted Weschler va-t-il succéder au milliardaire du Nebraska? Avec son allure juvénile, ses fines lunettes d’intello, le gérant de Peninsula a tout pour séduire Warren. Son fonds affiche des performances exceptionnelles – un gain de plus de 1.000% (sic) pour ses clients en dix ans. Sa gestion prudente l’a conduit à investir dans peu de groupes mais à des niveaux significatifs.
Une stratégie fidèle aux commandements de Buffett, qui lui a brossé un amical portrait dans une interview à Fortune: « Ted va sans aucun doute gagner beaucoup d’argent chez Berkshire. Mais il en a déjà gagné beaucoup avec son fonds – vous n’avez qu’à en juger par le montant de ses enchères pour le déjeuner organisé par Glide. Et l’argent n’est pas la raison pour laquelle il vient. » Ses généreuses donations à des oeuvres de bienfaisance l’inscrivent évidemment aussi dans la lignée du Sage d’Omaha. Mais Ted ne sera cependant pas seul en lice. Il y a aussi Todd.
Recruté il y a un an, Todd Combs, 40 ans, gérant tout aussi inconnu de Castle Point Capital, un petit fonds spécialisé dans les services financiers, est aussi présenté en possible dauphin. Alors… « Si je meurs ce soir, demain matin, il ne faudra pas une heure au conseil d’administration pour annoncer mon successeur », a déclaré le milliardaire avec un art consommé de la mise en scène. Même s’il a toujours été évasif sur le moment où il prendrait sa retraite, reste l’ultime question: Berkshire Hathaway pourra-t-il survivre au départ de son fondateur? C’est sa capacité à transformer tout ce qu’il touche en or qui a fait briller l’étoile de Berkshire. Or il n’est pas donné à tout le monde d’être Midas.
Gourou des boursicoteurs
Considéré comme le meilleur investisseur de tous les temps, Warren Buffett est à Berkshire Hathaway ce que Steve Jobs était à Apple. Unique, emblématique, indispensable. Il a fait d’une entreprise textile rachetée en 1962 l’une des plus belles sociétés d’investissement du monde. « C’est un tableau que j’ai composé de telle manière qu’il me plaise à moi », répond-il à ceux qui l’interrogent sur la cohérence, pas toujours évidente, de ses investissements. Suivi par des milliers de boursicoteurs comme un gourou, il est aussi écouté comme un oracle par les chefs d’Etat.
Pour ce mathématicien hors pair, qui a réalisé son premier investissement à 11 ans, l’argent est une passion autant qu’un jeu. Peut-être est-ce pour cela qu’il séduit jusqu’à Barack Obama: « Ce n’est pas seulement un des hommes les plus riches du monde, mais aussi un des plus admirés et respectés, dit le président. Il a prouvé que l’intégrité n’était pas uniquement une qualité humaine mais un atout pour le business. » Une dualité difficile à répliquer.
Par Natacha Tatu (correspondante à Chicago)
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Opération vérité sur le AAA de la France !
DECRYPTAGE Faut-il s’inquiéter de la menace brandie par Moody’s ? Revue de détail des bons points et des handicaps de la France à l’aune des critères que retiennent les agences de notation.

Moody’s fait vaciller le sacro-saint AAA français. L’agence de notation américaine a indiqué, hier, qu’elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective sur la note de la dette française était toujours jugée « stable ». Dans le cas contraire, elle pourrait placer la France sous surveillance négative, voire dégrader sa note, jusqu’à présent synonyme de 20/20 auprès des investisseurs.
L’Hexagone serait alors le deuxième « grand » pays AAA à perdre son précieux sésame à cause de la crise, après les Etats-Unis, dégradé en août par Standard & Poor’s. Endettée à hauteur de 70 % auprès de résidents étrangers, la France risquerait alors de subir une envolée des taux d’intérêt de sa dette, qui ont déjà grimpé à 103 points de base au-dessus des taux allemands, un record !
Le gouvernement français croyait pourtant avoir fait le plus dur en annonçant un mini-plan de rigueur de 11 milliards d’euros fin août. Las, les perspectives de croissance, de plus en plus sombres, font déjà dire à François Baroin, le ministre de l’Economie, qu’il faudra peut-être prendre de nouvelles mesures. De plus en plus d’analystes se demandent, en fait, si la France, dont le budget de l’Etat est en déficit depuis trente ans, mérite réellement son AAA. Revue de détail de ses bons points et de ses handicaps, à l’aune des critères des impitoyables agences de notation
1. Un manque de dynamisme économique qui inquiète
L’Insee l’a confirmé fin septembre : la croissance française a été nulle au deuxième trimestre. Après trois bons premiers mois (+ 0,9 %), les économistes n’attendaient pas un tel trou d’air, qui va plomber les recettes fiscales. Si les agences de notation ont loué la capacité de résistance de la France pendant la crise, ses performances actuelles sont inquiétantes.
Pour boucler son budget 2011, Bercy misait d’abord sur une progression de 2% du PIB avant de ramener sa prévision à 1,75%, proche désormais de celle de l’Insee. L’institut table, en effet, sur 0,3% au troisième trimestre puis 0% au quatrième, la croissance atteignant au final 1,7% sur 2011. C’est surtout pour 2012 que la correction va être sévère. Alors que le gouvernement espérait une croissance de 2,25%, il a déjà ramené sa prévision à 1,75 % fin août avant de préciser discrètement que le budget était, en fait, calibré pour une croissance de 1,5%. Quoi qu’il en soit, l’exécutif reste trop optimiste aux yeux des économistes : selon Reuters, leurs prévisions seraient désormais plus proches de 1%, Natixis tablant même sur 0,7% !
Certes, la déconvenue printanière est en partie due à la fin de la prime à la casse, qui a provoqué une chute des ventes d’automobiles et fait plonger les dépenses des ménages de 0,7 %. « C’est le plus mauvais chiffre depuis la fin 1996 et l’extinction des «jupettes» [la prime automobile de l'époque, NDLR]« , rappelle Catherine Stephan, à BNP Paribas. Mais la consommation risque de rester atone dans les mois à venir. Le soutien budgétaire aux ménages a pris fin et les créations d’emplois devraient fortement ralentir, passant de 112.000 au premier semestre à 24.000 au second, selon l’Insee. Le taux de chômage progresserait ainsi légèrement d’ici la fin de l’année pour atteindre 9,2% (9,7% avec les DOM).
Les inquiétudes sont encore plus grandes du côté des entreprises. Le plongeon des marchés financiers, et notamment des valeurs bancaires, pourrait provoquer un resserrement du crédit et freiner la reprise de l’investissement. « C’est particulièrement inquiétant en France, où les taux de marge sont très inférieurs à ceux des autres pays AAA, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni », remarque Jean-Christophe Caffet. « Mais, à la différence de l’Allemagne, la France, dont les exportations sont eurocentrées, est moins sensible à la conjoncture mondiale et s’en sort mieux en période de repli », souligne Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank. En cas de rechute de l’économie mondiale, il est donc probable que les agences ne feront pas de différence entre la France et les autres pays AAA.
2. des finances publiques toujours aussi médiocres
Lestée d’une dette dépassant 85 % du PIB, la France fait partie des mauvais élèves au sein des pays AAA. Comme l’a montré une étude récente de Natixis, l’Allemagne et le Canada seraient les seuls pays du G7 à conserver cette note si l’on ne prenait en compte que les critères quantitatifs de Standard & Poor’s.
Le Royaume-Uni, durement frappé par la crise, accuse un déficit supérieur au nôtre et se rapproche dangereusement de notre ratio d’endettement. En mai 2009, S&P l’avait d’ailleurs placé sous perspective négative, rappelle Norbert Gaillard, consultant à la Banque mondiale. « Il a fallu attendre les élections de mai 2010 et la présentation par David Cameron d’un plan de redressement très dur pour que l’agence lève sa menace. »
Nicolas Sarkozy, lui, a fait le choix de distiller ses mesures de rigueur au compte-gouttes. Certes, les agences ont applaudi le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Mais elles attendent encore de voir comment la France va respecter le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, prévoyant une réduction du déficit de 7,1 % du PIB en 2010 à 5,7 % en 2011, puis 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013.
Coté dépenses, Bercy veut limiter leur progression à 0,8 % par an, hors inflation, contre 2,3 % auparavant. Mais la Cour des comptes et les parlementaires s’interrogent sur la réalité des économies liées à la Révision Générale des Politiques Publiques, censée rapporter 8 milliards d’euros sur 2011 et 2012. « Il faudra bien un jour expliciter la répartition précise des efforts et pas seulement afficher une norme », prévient le député (UMP) Gilles Carrez, rapporteur du budget. Côté recettes, 0,5 point de croissance en moins prive l’Etat de 6 milliards d’euros de rentrées fiscales.
Pour 2011, l’objectif semble encore réalisable. « En 2010, le déficit a été réduit de 0,6 point de PIB de plus que prévu, mais le gouvernement s’est gardé une cagnotte en ne révisant son déficit 2011 que de 0,3 point », souligne Jean-Christophe Caffet. Les mesures présentées parFrançois Fillon, le 24 août 2011 doivent aussi permettre de faire rentrer 1,2 milliards supplémentaires dans les caisses dès cette année.
Pour 2012 et 2013, la tâche s’annonce, en revanche, bien plus ardue malgré les 10 milliards de recettes supplémentaires annoncées par le Premier ministre. « S’il veut respecter ses engagements européens, Nicolas Sarkozy devrait revenir sur ses dépenses inconsidérées, comme la baisse de la TVA dans la restauration », assène le socialiste Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée.
Déjà, le président a accepté de raboter les exonérations sur les heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat. »Il essaie de trouver une voie médiane entre laxisme et austérité, constate Gilles Moec. Mais, avec la dégradation de la dette américaine et les réactions des marchés, il doit s’engager clairement dans la rigueur au moment même où il faudrait soutenir la demande intérieure. »
3. Des institutions qui fonctionnent plutôt bien
C’est le critère le moins problématique pour la France. La situation est bien plus favorable qu’aux Etats-Unis, dont la note a été dégradée, en partie, en raison des blocages politiques : l’administration Obama a eu le plus grand mal à faire voter son plan par la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Rien de tel en France : même si le Sénat est passé à gauche, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot.
Cette victoire aura seulement obligé Nicolas Sarkozy à renoncer à sa fameuse « règle d’or« , qui devait permettre de rassurer les agences de notation. Son projet prévoyait qu’à partir de 2013 des lois-cadres fixeraient, sur au moins trois ans, un plafond de dépenses et un minimum de recettes à respecter. Mais cette réforme nécessitait une révision de la Constitution et donc l’approbation d’une majorité des trois cinquièmes du Congrès, réunissant sénateurs et députés. Or, la gauche, victorieuse au Sénat, est fermement opposée au projet.
« Rien n’empêche ces lois-cadres d’être révisées chaque année et il n’y a aucune garantie de retour à l’équilibre, pointe Jérôme Cahuzac. A l’inverse, la règle allemande impose de faire les efforts nécessaires dès maintenant pour aboutir à un déficit de 0,35 % du PIB en 2016. » Si les agences de notation durcissent leurs menaces dans les prochains mois, nul doute que le sujet reviendra tout de même sur le tapis au lendemain des élections présidentielles.
David Bensoussan, journaliste à Challenges
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Pourquoi le tourisme rapporte plus à l’Espagne qu’à la France
Deux sénateurs UMP pointent le gaspillage des ressources allouées au secteur du tourisme qui relègue du coup la France au troisième rang mondial en termes de recettes, derrière les Etats-Unis et l’Espagne.
(c) AfpSi la France reste parmi les destinations les plus prisées par les touristes du monde entier, elle en tire de moins en moins les fruits. Ainsi, malgré ses 78,95 millions de visiteurs en 2010, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du Tourisme, la France n’occupe plus que la troisième place derrière les Etats-Unis et l’Espagne, en termes de recettes générées, selon un rapport sénatorial publié jeudi 13 octobre.
En cause principalement, l’insuffisance des ressources allouées à l’agence de développement touristique Atout France, selon les deux sénateurs UMP (André Ferrand et Michel Bécot) qui sont à l’origine de ce rapport. Selon eux, les ressources financières (80 millions d’euros), publiques et privées, qui lui sont allouées demeurent en effet inférieures à celles du numéro un européen, l’Espagne (200 millions d’euros).
Ressources dispersées
De plus, la multiplicité des intervenants institutionnels tendrait à disperser les moyens publics, soit 1,2 milliard d’euros par an, dont 513 millions d’euros répartis entre les offices de tourisme et syndicats d’initiative (OTSI), 193 millions d’euros dévolus aux comités départementaux du tourisme (CDT) et 140 millions d’euros aux comités régionaux du tourisme (CRT).
Parmi les mesures proposées pour y remédier, les deux sénateurs préconisent notamment de poursuivre l’intégration du réseau international d’Atout France au sein du réseau des ambassades et agences françaises à l’étranger.
Enfin, les deux rapporteurs proposent de fédérer les professionnels du secteur au sein d’une instance de représentation à l’exemple d’Exceltur en Espagne, et de créer un ministère plein du Tourisme, chargé du pilotage interministériel des projets stratégiques.
(Avec AFP)
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