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Un constat sévère sur la compétitivité de la France, Actualités

Lors du sommet social à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a justifié sa volonté d’alléger le coût du travail en dressant un diagnostic bien sombre de la compétitivité de la France.


« A l’issue de cette réunion, nous ne serons probablement pas d’accord sur tout »
. Enouvrant ce mercredi matin le sommet sur la crise, Nicolas Sarkozy sait qu’il y a des mots qui fâchent et qu’il ne vaut mieux pas prononcer. Comme celui de TVA sociale, dont le projet est rejeté en bloc par les syndicats. Si les contours précis de la réforme du financement de la protection sociale ne devraient pas être abordés ce mercredi, le chef de l’Etat a justifié sa volonté d’alléger le coût du travail en dressant un diagnostic bien sombre de la compétitivité de la France.

« Notre compétitivité extérieure n’est pas une donnée abstraite. Elle se mesure par notre balance commerciale, déficitaire de 83 milliards d’euros», a expliqué Nicolas Sarkozy. Particulièrement élevé, ce montant prend en compte la valeur des importations jusqu’au passage à notre frontière (échange Caf-fab). Ce n’est généralement pas celui pris en compte pour établir une symétrie dans l’évaluation des importations et des importations. Sans tenir compte des frais d’acheminement des importations, le déficit commercial de 2011 sera « plus proche de 70 milliards » que des 75 milliards, avait précisé mardi Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. Ce qui constitue déjà un niveau sans précédent.

Au-delà, le chef de l’Etat a mis l’accent sur la perte de part de marché de la France au cours de la dernière décennie. Perte dans le commerce mondial liée à la montée en puissance des pays émergents mais, surtout, perte par rapport à nos voisins européens. « Depuis 2000, la part de nos exportations dans celles de la zone euro est passée de 15,8% à 12,6% », a souligné le chef de l’Etat. Et depuis 1995, « le consommateur français achète 50% de plus de produits importés ».

Le poids des charges sociales

Tout en récusant l’idée qu’un redressement se gagne uniquement « par la compression des coûts et en particulier du coût du travail », c’est toutefois sur cet aspect que Nicolas Sarkozy a ciblé son intervention :« Le coût du travail par unité produite a augmenté de 20% en France alors qu’il augmentait de 7% en Allemagne entre 2000 et 2009 », a estimé le chef de l’Etat. Et d’indiquer que la France a perdu un avantage compétitif au cours des dix dernières années, les coûts salariaux horaires ayant « progressivement rattrapé ceux de l’Allemagne » dans l’industrie. En cause : le poids des charges sociales : pour un salaire brut de 2.500 euros, « le poids des charges patronales est deux fois plus élevé en France qu’en Allemagne », a insisté Nicolas Sarkozy.

Le président de la République entend donc poursuivre les réformes structurelles. Sans prononcer le mot de TVA sociale, le chef de l’Etat a, une nouvelle fois, plaidé pour « une diversification accrue des sources de financement » de la protection sociale et « de faire contribuer les importations ».

Si le constat est sévère, Nicolas Sarkozy veut tout de même voir dans le ralentissement du rythme de perte de marché au cours des dernières années les premiers effets de sa politique (crédit impôt recherche, réforme de la taxe professionnelle…). Dans une récente étude, l’institut Coe-Rexecode avait noté que le recul des parts de marché par rapport à nos voisins de la zone euro, était moins rapide depuis 2007 : de 0,17 point par an, contre 0,4 point par an au cours de la décennie précédente par rapport à nos voisins européens. Compte tenu de la crise de 2008-2009, « il reste difficile de savoir si cette évolution récente est liée à la conjoncture économique ou à une inflexion de nature structurelle », indiquait aux « Echos », Denis Ferrant, directeur général de Coe-Rexecode. « Il est également possible que la base des exportateurs se soit rétrécie sur les plus compétitifs et que se manifestent les premiers effets des mesures de politique industrielle et d’innovation des dernières années ».

FRÉDÉRIC SCHAEFFER

 

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