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Moodys change la perspective de la France à négative, Actualités

L'agence de notation a annoncé lundi soir qu'elle envisageait d'abaisser à moyen terme la note de solvabilité maximale (Aaa) qu'elle attribue à la France.

L'agence de notation financière Moody's a annoncé lundi soir qu'elle envisageait d'abaisser à moyen terme la note de solvabilité maximale (Aaa) qu'elle attribue à la France. Le ministre français des Finances François Baroin a « pris acte » de la décision de l'agence en jugeant qu'elle était liée aux « risques pesant sur la zone euro ».

Pour expliquer sa décision, Moody's évoque d'abord l'incertitude sur les réformes en zone euro et les perspectives de croissance. Par ailleurs, elle estime que les ratios de finances publiques de la France sont « parmi les plus faibles des pays notés Aaa ». Et elle affirme qu'il y a un risque que le gouvernement français n'atteigne pas ses objectifs de réduction du déficit budgétaire.

Le 12 janvier, Standard & Poor's avait décidé de dégrader la France en la privant de son AAA, tandis que Fitch s'était engagée à ne pas en priver l'Hexagone cette année, sauf en cas d'aggravation de la situation en Europe.

Moody's, pour sa part, s'était donné quelques semaines de plus avant de rendre son verdict et avait prolongé son examen de la perspective «stable» de la note française. Le 16 janvier, elle a publié une « Opinion de crédit » que certains ont pu confondre avec la confirmation du Aaa accordé par elle à la France. En fait, elle était en train d'évaluer la perspective stable de la note française.

Contrairement à S&P, Moody's change aussi la perspective du Royaume-Uni à négative, tout en gardant le Aaa. La même décision est appliquée à à l'Autriche. Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a lui qualifié de « retour à la réalité » l'annonce de Moody's, estimant que c'était « la preuve, dans la situation mondiale actuelle, que la Grande-Bretagne ne pouvait renoncer à traiter » la question de sa dette. Moody's a également indiqué avoir abaissé la note de solvabilité de l'Italie et Malte d'un cran à A3, celle du Portugal d'un cran à Ba3, et celle de l'Espagne de deux crans à A3.

L'agence indique qu'elle considère appropriées les notes « Aaa » qu'elle attribue à l'Allemagne, au Danemark, à la Finlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas, à la Suède et au Fonds européen de stabilité financière (FESF), de même que les notes de la Belgique ( »Aa3 »), de l'Estonie ( »A1 ») et de l'Irlande ( »Ba1 »). Moody's continue cependant d'étudier le cas de Chypre, dont elle pourrait abaisser la note ( »Baa3 ») comme elle l'a annoncé en novembre.

L'annonce de Moody's intervient au lendemain du vote en Grèce du programme d'austérité exigé par les créanciers du pays, qui devrait aboutir à l'adoption par la zone euro d'un plan de sauvetage d'une ampleur sans précédent dans le monde. Moody's écrit cependant que « l'engagement des autorités européennes à préserver l'union monétaire et à mettre en oeuvre toutes les réformes nécessaires pour restaurer la confiance des marché est un facteur important ayant limité l'ampleur des ajustements de notes » annoncés lundi.

LES ECHOS, AVEC AGENCES

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Malgré la perte du triple A, les élus mettent leurs espoirs dans les marchés obligataires, Actualités

Les régions Rhône-Alpes et Paca ont réalisé des émissions obligataires juste avant la dégradation de la France par l’agence Standard & Poor’s. Les collectivités notées triple A par l’agence seront dégradées, et la situation des autres sera réexaminée.

La décision de Standard & Poor’s de dégrader la note de l’Etat français aura-t-elle un effet domino sur les finances des collectivités ? Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation est formel : les notes des pays servent de référence nationale, en cas d’abaissement, les collectivités notées triple A seront automatiquement abaissées d’un cran, car il n’est pas possible qu’elles aient une note supérieure à l’Etat, qui leur apporte les dotations globales de fonctionnement. Une situation liée au fait que la France n’est pas un Etat fédéral. Les finances des collectivités notées au-dessous de ce niveau, « seront réexaminées », ajoute l’analyste.

Ironie de l’histoire, quelques heures avant l’annonce, RhôneAlpes lançait la première émission obligataire de son histoire, obtenant 120 millions d’euros sur douze ans à un taux de 4 %. Une région notée triple A par Fitch depuis une dizaine d’années. « Cette opération va nous permettre sur le long terme d’économiser 5 millions d’euros. Nous avions constaté que le nombre de banques répondant aux sollicitations des collectivités locales se réduisait », expliquait hier Jean-Jacques Queyranne, président de la région RhôneAlpes. Paca avait, elle aussi, mené la semaine dernière une émission obligataire de 52 millions.

Projet d’agence de financement

Jean-Louis Bianco, président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, qui avait refusé en novembre dernier la proposition de notation de Fitch, défend l’idée que les collectivités locales puissent se regrouper à l’avenir pour emprunter directement sur les marchés. « La situation actuelle justifie plus que jamais la nécessité de créer l’agence de financement des collectivités locales. Les investisseurs institutionnels sont friands de papier venant des collectivités locales. Les deux dernières opérations démontrent que les marchés attendent les collectivités et seront présents quand l’agence sera créée »,martèle de son côté Olivier Landel, délégué général de l’Association des communautés urbaines de France. Norbert Gaillard, pour sa part, considère que le modèle à suivre est celui des « communal banks » finlandaises, norvégiennes et danoises, qui empruntent pour le compte des collectivités, « ce qui a pour effet de réduire les coûts ».

Signe de l’appétit des investisseurs institutionnels pour le secteur public local, l’AP-HP, qui s’attend elle aussi à être dégradée de son triple A, après avoir été placée sous surveillance négative mi-décembre, avait emprunté 172 millions sur les marchés obligataires, décrochant même un emprunt auprès… du fonds souverain norvégien.

En attendant que le projet d’agence mûrisse, les élus, même non notés, font leurs comptes et demandent à leurs services de s’intéresser aux marchés obligataires, qui ne représentaient pas plus de 4 % de leurs emprunts jusqu’à présent. Les formations réalisées par le cabinet Finance Active n’ont jamais été autant demandées sur ce sujet !

Michel Destot, maire de Grenoble et président de l’Association des maires des grandes villes de France, craint que l’Etat ne réduise ses dotations. Il estime que toute augmentation d’un demi-point du prix du crédit coûte à sa ville 700.000 euros par an. Paris, bonne élève des agences de notation qui a emprunté l’an passé 360 millions et emprunte sur les marchés, estime qu’en cas de dégradation elle perdrait 6 millions en frais financiers. L’hypothèse a été envisagée dans le budget 2012. Mais l’adjoint aux finances, Bernard Gaudillère, espère encore échapper à une dégradation. Il a même écrit à S&P pour plaider sa cause. Et veut croire que les prêteurs ne lui en tiendront pas rigueur. « Ils ne se calquent pas toujours sur les notations. Beaucoup examinent la réalité de la situation financière de l’emprunteur »,assure-t-il.

JULIE CHAUVEAU ET LAURENCE ALBERT

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Malgré la perte du triple A, les élus mettent leurs espoirs dans les marchés obligataires, Actualités

Les régions Rhône-Alpes et Paca ont réalisé des émissions obligataires juste avant la dégradation de la France par l’agence Standard & Poor’s. Les collectivités notées triple A par l’agence seront dégradées, et la situation des autres sera réexaminée.

La décision de Standard & Poor’s de dégrader la note de l’Etat français aura-t-elle un effet domino sur les finances des collectivités ? Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation est formel : les notes des pays servent de référence nationale, en cas d’abaissement, les collectivités notées triple A seront automatiquement abaissées d’un cran, car il n’est pas possible qu’elles aient une note supérieure à l’Etat, qui leur apporte les dotations globales de fonctionnement. Une situation liée au fait que la France n’est pas un Etat fédéral. Les finances des collectivités notées au-dessous de ce niveau, « seront réexaminées », ajoute l’analyste.

Ironie de l’histoire, quelques heures avant l’annonce, RhôneAlpes lançait la première émission obligataire de son histoire, obtenant 120 millions d’euros sur douze ans à un taux de 4 %. Une région notée triple A par Fitch depuis une dizaine d’années. « Cette opération va nous permettre sur le long terme d’économiser 5 millions d’euros. Nous avions constaté que le nombre de banques répondant aux sollicitations des collectivités locales se réduisait », expliquait hier Jean-Jacques Queyranne, président de la région RhôneAlpes. Paca avait, elle aussi, mené la semaine dernière une émission obligataire de 52 millions.

Projet d’agence de financement

Jean-Louis Bianco, président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, qui avait refusé en novembre dernier la proposition de notation de Fitch, défend l’idée que les collectivités locales puissent se regrouper à l’avenir pour emprunter directement sur les marchés. « La situation actuelle justifie plus que jamais la nécessité de créer l’agence de financement des collectivités locales. Les investisseurs institutionnels sont friands de papier venant des collectivités locales. Les deux dernières opérations démontrent que les marchés attendent les collectivités et seront présents quand l’agence sera créée »,martèle de son côté Olivier Landel, délégué général de l’Association des communautés urbaines de France. Norbert Gaillard, pour sa part, considère que le modèle à suivre est celui des « communal banks » finlandaises, norvégiennes et danoises, qui empruntent pour le compte des collectivités, « ce qui a pour effet de réduire les coûts ».

Signe de l’appétit des investisseurs institutionnels pour le secteur public local, l’AP-HP, qui s’attend elle aussi à être dégradée de son triple A, après avoir été placée sous surveillance négative mi-décembre, avait emprunté 172 millions sur les marchés obligataires, décrochant même un emprunt auprès… du fonds souverain norvégien.

En attendant que le projet d’agence mûrisse, les élus, même non notés, font leurs comptes et demandent à leurs services de s’intéresser aux marchés obligataires, qui ne représentaient pas plus de 4 % de leurs emprunts jusqu’à présent. Les formations réalisées par le cabinet Finance Active n’ont jamais été autant demandées sur ce sujet !

Michel Destot, maire de Grenoble et président de l’Association des maires des grandes villes de France, craint que l’Etat ne réduise ses dotations. Il estime que toute augmentation d’un demi-point du prix du crédit coûte à sa ville 700.000 euros par an. Paris, bonne élève des agences de notation qui a emprunté l’an passé 360 millions et emprunte sur les marchés, estime qu’en cas de dégradation elle perdrait 6 millions en frais financiers. L’hypothèse a été envisagée dans le budget 2012. Mais l’adjoint aux finances, Bernard Gaudillère, espère encore échapper à une dégradation. Il a même écrit à S&P pour plaider sa cause. Et veut croire que les prêteurs ne lui en tiendront pas rigueur. « Ils ne se calquent pas toujours sur les notations. Beaucoup examinent la réalité de la situation financière de l’emprunteur »,assure-t-il.

JULIE CHAUVEAU ET LAURENCE ALBERT

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Les établissements bancaires profitent de l’illiquidité de leur dette pour se renflouer, Actualités

Les détenteurs de dette subordonnée, craignant de rester « collés » sur la durée avec ses titres, acceptent les offres de rachat des banques à des conditions peu favorables.

Les tensions sur la liquidité bancaire tournent au conflit avec les investisseurs. Ironie de la situation, les banques retournent à leur avantage la relative illiquidité de leurs titres de dette. Depuis quelques semaines, elles multiplient en effet les opérations de rachat de leur dette subordonnée, soit sous forme de remboursement sec avec une décote pour renforcer leur capital, soit sous forme d’échange contre de la dette senior, qu’elles sont dans l’incapacité aujourd’hui d’émettre via des émissions nouvelles. Au total, quelque 30 milliards de dollars de transactions sont en cours, selon Bloomberg.

Mais loin d’être des arbitres, les investisseurs, de crainte de se retrouver « collés » avec des titres invendables, acceptent de souscrire à ces opérations malgré les fortes décotes offertes. Ils sont pris en tenaille entre des banques qui n’ont plus d’intérêt à détenir de titres subordonnés, sous la pression des régulateurs et des analystes qui se concentrent sur le capital le plus pur, et un marché secondaire où ces titres sont fortement dévalués. Sans compter que selon les derniers textes du Comité de Bâle, les investisseurs de dette subordonnée sont directement exposés aux pertes des banques.

Menace implicite de Santander

D’après le « Daily Telegraph », les investisseurs ont ainsi saisi l’association britannique des assureurs pour qu’elle fasse pression sur l’offre jugée « contrainte » de Santander. En début de semaine, la banque espagnole a, en effet, suscité l’effroi en proposant aux porteurs de ses 6,8 milliards d’euros de dette subordonnée de les rembourser à hauteur de seulement 87 % de leur valeur. Une offre à laquelle ils étaient quasi forcés de souscrire car, dans le même temps, la banque leur a fait comprendre qu’elle ne rembourserait plus mécaniquement aux dates usuelles la dette existante.

Une faculté qu’elle a tout à fait le droit d’exercer selon les termes de ces dettes appelées perpétuelles mais l’usage voulait jusqu’à présent dans le marché que toutes les banques remboursent ces titres avant terme à des dates dites de « call ». Seuls des établissements en détresse, comme les établissements irlandais ou Dexia, n’avaient jusqu’à présent pas répondu à ces clauses de rendez-vous. Fin décembre 2008, Deutsche Bank avait aussi usé de cette faculté, mais la banque n’avait pas été suivie par d’autres établissements, qui préféraient ne pas inquiéter leur base d’investisseurs en période de forte volatilité.

Cette fois, le ton a visiblement changé et la menace implicite de Santander semble faire ses effets. Ainsi, BNP Paribas, qui a offert d’échanger ou de reprendre pour 10 milliards de dollars de ses titres subordonnés, est critiqué pour son « manque de générosité », confirmant « une tendance inquiétante », selon une analyste de Morgan Stanley citée par Bloomberg. La banque n’offre en effet que très peu de prime par rapport au cours où se traitent ses titres subordonnés sur le marché secondaire et les investisseurs interprètent cela comme un signe que la banque ne remboursera pas aux dates de rendez-vous ses titres existants.

ANNE DRIF

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Pourquoi la France se retrouve dans le viseur des marchés, Actualités

Les taux de marché s’écartent grandement de ceux de l’Allemagne. La dette française a été contaminée par la flambée des taux italiens. Paris peine à rassurer les marchés.

Dans les salles de marché, l’inquiétude est encore montée d’un cran sur la France. En privé, certains grands gestionnaires de fonds confient qu’ils ne veulent plus toucher à la dette française en ce moment. Indirectement, mais clairement, la France est en train d’être contaminée par la crise des dettes souveraines de la zone euro. Depuis plusieurs jours, elle voit ses taux de marché s’écarter grandement de ceux de l’Allemagne, la référence en Europe. Jeudi, cet écart (ou « spread ») a même atteint 170 points de base, un niveau record, impensable il y a encore quelques mois.

L’incroyable bourde de Standard & Poor’s, qui a envoyé par erreur un message d’alerte de dégradation de la note française, démenti une heure plus tard (lire page 31), y est certes pour beaucoup. Dès vendredi, l’heure était d’ailleurs à la détente sur le marché obligataire, et le « spread » français revenait à 150 points de base. Mais pour un pays noté AAA, un tel niveau reste très élevé. Concrètement, cela signifie que l’Hexagone va devoir offrir 1,5 % de plus que son voisin allemand pour placer sa dette auprès des investisseurs. Avant la crise, l’écart était quasi nul. Début juin, il était inférieur à 30 points de base. L’écart s’est aussi creusé avec d’autres pays européens notés AAA : il atteint par exemple 110 points de base avec l’Angleterre et plus de 100 points de base avec les Pays-Bas.

Craintes pour l’avenir du FESF

Comment en est-on arrivé là ? La hausse de la prime de risque française est d’abord liée au sort de la dette italienne. Les déboires de Silvio Berlusconi ces derniers jours ont entraîné une flambée des taux de la péninsule, au-delà des 7 %. Cela a accéléré les craintes de voir Rome réclamer une assistance financière extérieure. Or « le AAA de la France et celui du FESF [Fonds européen de stabilité financière, NDLR] ne survivraient pas bien longtemps à cette éventualité », souligne Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo. Paris apporte la deuxième garantie au FESF, derrière l’Allemagne. Et les banques françaises sont les plus exposées d’Europe aux obligations italiennes, même si elles ont vendu une partie de leurs titres ces dernières semaines (lire page 32).

A cela s’ajoutent des raisons plus fondamentales. La France est jugée par les marchés sur sa capacité à atteindre ses objectifs de réduction du déficit budgétaire. A cet égard, le nouveau plan d’austérité présenté par Bercy il y a une semaine a démontré la détermination du gouvernement à défendre le AAA et à respecter l’objectif d’un déficit de 4,5 % du PIB en 2012. «  Ce nouveau package était plus ambitieux que prévu et contenait en plus des mesures qui porteront leurs fruits à long terme », souligne Dominique Barbet, économiste de marché chez BNP Paribas.

Mais les mesures annoncées reposent sur une hypothèse de croissance à 1 % pour 2012, qui est encore jugée bien optimiste. Un ralentissement plus sévère, voire une rechute en récession de l’économie française, porterait à nouveau un sérieux coup aux objectifs du gouvernement. Les agences de notation pourraient déclasser la note de la France – pas par erreur cette fois-ci. Et c’est l’ensemble des dispositifs de secours européen qui serait alors mis à mal.

GUILLAUME MAUJEAN

 

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Opération vérité sur le AAA de la France !

 

DECRYPTAGE Faut-il s’inquiéter de la menace brandie par Moody’s ? Revue de détail des bons points et des handicaps de la France à l’aune des critères que retiennent les agences de notation.

Christine Lagarde, la directrice générale du FMI et Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée le 8 octobre 2011 (SIPA)
Christine Lagarde, la directrice générale du FMI et Nicolas Sarkozy sur le perron de l’Elysée le 8 octobre 2011 (SIPA)

 

Moody’s fait vaciller le sacro-saint AAA français. L’agence de notation américaine a indiqué, hier, qu’elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective sur la note de la dette française était toujours jugée « stable ». Dans le cas contraire, elle pourrait placer la France sous surveillance négative, voire dégrader sa note, jusqu’à présent synonyme de 20/20 auprès des investisseurs.

L’Hexagone serait alors le deuxième « grand » pays AAA à perdre son précieux sésame à cause de la crise, après les Etats-Unis, dégradé en août par Standard & Poor’s. Endettée à hauteur de 70 % auprès de résidents étrangers, la France risquerait alors de subir une envolée des taux d’intérêt de sa dette, qui ont déjà grimpé à 103 points de base au-dessus des taux allemands, un record !

Le gouvernement français croyait pourtant avoir fait le plus dur en annonçant un mini-plan de rigueur de 11 milliards d’euros fin août. Las, les perspectives de croissance, de plus en plus sombres, font déjà dire à François Baroin, le ministre de l’Economie, qu’il faudra peut-être prendre de nouvelles mesures. De plus en plus d’analystes se demandent, en fait, si la France, dont le budget de l’Etat est en déficit depuis trente ans, mérite réellement son AAA. Revue de détail de ses bons points et de ses handicaps, à l’aune des critères des impitoyables agences de notation

1. Un manque de dynamisme économique qui inquiète

L’Insee l’a confirmé fin septembre : la croissance française a été nulle au deuxième trimestre. Après trois bons premiers mois (+ 0,9 %), les économistes n’attendaient pas un tel trou d’air, qui va plomber les recettes fiscales. Si les agences de notation ont loué la capacité de résistance de la France pendant la crise, ses performances actuelles sont inquiétantes.

Pour boucler son budget 2011, Bercy misait d’abord sur une progression de 2% du PIB avant de ramener sa prévision à 1,75%, proche désormais de celle de l’Insee. L’institut table, en effet, sur 0,3% au troisième trimestre puis 0% au quatrième, la croissance atteignant au final 1,7% sur 2011. C’est surtout pour 2012 que la correction va être sévère. Alors que le gouvernement espérait une croissance de 2,25%, il a déjà ramené sa prévision à 1,75 % fin août avant de préciser discrètement que le budget était, en fait, calibré pour une croissance de 1,5%. Quoi qu’il en soit, l’exécutif reste trop optimiste aux yeux des économistes : selon Reuters, leurs prévisions seraient désormais plus proches de 1%, Natixis tablant même sur 0,7% !

Certes, la déconvenue printanière est en partie due à la fin de la prime à la casse, qui a provoqué une chute des ventes d’automobiles et fait plonger les dépenses des ménages de 0,7 %. « C’est le plus mauvais chiffre depuis la fin 1996 et l’extinction des «jupettes» [la prime automobile de l’époque, NDLR] », rappelle Catherine Stephan, à BNP Paribas. Mais la consommation risque de rester atone dans les mois à venir. Le soutien budgétaire aux ménages a pris fin et les créations d’emplois devraient fortement ralentir, passant de 112.000 au premier semestre à 24.000 au second, selon l’Insee. Le taux de chômage progresserait ainsi légèrement d’ici la fin de l’année pour atteindre 9,2% (9,7% avec les DOM).

Les inquiétudes sont encore plus grandes du côté des entreprises. Le plongeon des marchés financiers, et notamment des valeurs bancaires, pourrait provoquer un resserrement du crédit et freiner la reprise de l’investissement. « C’est particulièrement inquiétant en France, où les taux de marge sont très inférieurs à ceux des autres pays AAA, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni », remarque Jean-Christophe Caffet. « Mais, à la différence de l’Allemagne, la France, dont les exportations sont eurocentrées, est moins sensible à la conjoncture mondiale et s’en sort mieux en période de repli », souligne Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank. En cas de rechute de l’économie mondiale, il est donc probable que les agences ne feront pas de différence entre la France et les autres pays AAA.

2. des finances publiques toujours aussi médiocres

Lestée d’une dette dépassant 85 % du PIB, la France fait partie des mauvais élèves au sein des pays AAA. Comme l’a montré une étude récente de Natixis, l’Allemagne et le Canada seraient les seuls pays du G7 à conserver cette note si l’on ne prenait en compte que les critères quantitatifs de Standard & Poor’s.

Le Royaume-Uni, durement frappé par la crise, accuse un déficit supérieur au nôtre et se rapproche dangereusement de notre ratio d’endettement. En mai 2009, S&P l’avait d’ailleurs placé sous perspective négative, rappelle Norbert Gaillard, consultant à la Banque mondiale. « Il a fallu attendre les élections de mai 2010 et la présentation par David Cameron d’un plan de redressement très dur pour que l’agence lève sa menace. »

Nicolas Sarkozy, lui, a fait le choix de distiller ses mesures de rigueur au compte-gouttes. Certes, les agences ont applaudi le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Mais elles attendent encore de voir comment la France va respecter le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, prévoyant une réduction du déficit de 7,1 % du PIB en 2010 à 5,7 % en 2011, puis 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013.

Coté dépenses, Bercy veut limiter leur progression à 0,8 % par an, hors inflation, contre 2,3 % auparavant. Mais la Cour des comptes et les parlementaires s’interrogent sur la réalité des économies liées à la Révision Générale des Politiques Publiques, censée rapporter 8 milliards d’euros sur 2011 et 2012. « Il faudra bien un jour expliciter la répartition précise des efforts et pas seulement afficher une norme », prévient le député (UMP) Gilles Carrez, rapporteur du budget. Côté recettes, 0,5 point de croissance en moins prive l’Etat de 6 milliards d’euros de rentrées fiscales.

Pour 2011, l’objectif semble encore réalisable. « En 2010, le déficit a été réduit de 0,6 point de PIB de plus que prévu, mais le gouvernement s’est gardé une cagnotte en ne révisant son déficit 2011 que de 0,3 point », souligne Jean-Christophe Caffet. Les mesures présentées parFrançois Fillon, le 24 août 2011 doivent aussi permettre de faire rentrer 1,2 milliards supplémentaires dans les caisses dès cette année.

Pour 2012 et 2013, la tâche s’annonce, en revanche, bien plus ardue malgré les 10 milliards de recettes supplémentaires annoncées par le Premier ministre. « S’il veut respecter ses engagements européens, Nicolas Sarkozy devrait revenir sur ses dépenses inconsidérées, comme la baisse de la TVA dans la restauration », assène le socialiste Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée.

Déjà, le président a accepté de raboter les exonérations sur les heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat. « Il essaie de trouver une voie médiane entre laxisme et austérité, constate Gilles Moec. Mais, avec la dégradation de la dette américaine et les réactions des marchés, il doit s’engager clairement dans la rigueur au moment même où il faudrait soutenir la demande intérieure. »

3. Des institutions qui fonctionnent plutôt bien

C’est le critère le moins problématique pour la France. La situation est bien plus favorable qu’aux Etats-Unis, dont la note a été dégradée, en partie, en raison des blocages politiques : l’administration Obama a eu le plus grand mal à faire voter son plan par la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Rien de tel en France : même si le Sénat est passé à gauche, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot.

Cette victoire aura seulement obligé Nicolas Sarkozy à renoncer à sa fameuse « règle d’or« , qui devait permettre de rassurer les agences de notation. Son projet prévoyait qu’à partir de 2013 des lois-cadres fixeraient, sur au moins trois ans, un plafond de dépenses et un minimum de recettes à respecter. Mais cette réforme nécessitait une révision de la Constitution et donc l’approbation d’une majorité des trois cinquièmes du Congrès, réunissant sénateurs et députés. Or, la gauche, victorieuse au Sénat, est fermement opposée au projet.

« Rien n’empêche ces lois-cadres d’être révisées chaque année et il n’y a aucune garantie de retour à l’équilibre, pointe Jérôme Cahuzac. A l’inverse, la règle allemande impose de faire les efforts nécessaires dès maintenant pour aboutir à un déficit de 0,35 % du PIB en 2016. » Si les agences de notation durcissent leurs menaces dans les prochains mois, nul doute que le sujet reviendra tout de même sur le tapis au lendemain des élections présidentielles.

David Bensoussan, journaliste à Challenges

 

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Les Pays de la Loire tablent sur le « tout-obligataire », Actualités

En 2009, la région avait levé un emprunt populaire pour financer des mesures anticrise. Un moyen de moins dépendre du crédit bancaire.

La région des Pays de la Loire avait rencontré un succès populaire en lançant, voici deux ans, un emprunt obligataire de 80 millions d’euros, servant un taux d’intérêt fixe annuel de 4 % sur six ans. « Cela correspondait aux conditions du marché, indique-t-on à la direction financière. Aujourd’hui, les taux sont trop bas pour attirer les particuliers mais cela pourrait changer. » En quelques jours, la région avait collecté 72 millions d’euros auprès de 5.500 particuliers, à 93 % autochtones. Le reste avait été souscrit par une dizaine d’investisseurs régionaux. Cette somme, sur une dette de 900 millions, a été fléchée vers des projets d’investissement précis dans un contexte de crise. Une vingtaine de millions sont allés à un prêt anti-crise pour les PME régionales, 30 millions à la construction et à la rénovation de lycées, 10 millions aux centres de recherche. « La solution de l’emprunt obligataire reste pertinente, estime la collectivité. Avec la crise financière, les banques ne répondent plus aux appels. Sur 50 millions d’euros demandés, nous n’avons reçu de réponses que pour 3 millions. » L’emprunt obligataire implique une ingénierie financière lourde, un remboursement in fine moins arrangeant pour le profil de la dette et une durée courte plus contraignante. La région juge cependant ce système moins coûteux que le crédit bancaire. La note AA de Standard & Poor’s reste un avantage dans la perspective d’une nouvelle émission obligataire qui doit être lancée fin 2011. Une opération classique de l’ordre de 80 millions d’euros, non souscrite auprès des particuliers. La région peut émettre jusqu’à 500 millions par an, montant qu’elle ne compte pas atteindre, même si cette forme d’emprunt est appelée à couvrir la totalité de ses besoins.

EMMANUEL GUIMARD, Les Echos

viaLes Pays de la Loire tablent sur le « tout-obligataire », Actualités.

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Pourquoi l’Europe n’est pas prête à émettre des euro-obligations ! ?

Les euro-obligations sont-elles la réponse à la panique dont ne se départissent plus des marchés obnubilés par l’endettement public ? Pour les Etats membres de la zone euro, cette mutualisation des risques permettrait de supprimer les écarts entre les taux d’intérêt sur les différentes obligations souveraines. Du coup, une partie de la dette des mauvais élèves de l’Union serait en partie amortie. Mais selon Céline Antonin, économiste au Centre de recherche en économie de Sciences Po (OFCE), ce changement radical dans la gouvernance européenne est prématuré.

Des membres de la CDU, le parti conservateur au pouvoir en Allemagne, n’hésitent plus à montrer leur désaccord avec la chancelière : ils demandent, comme le SPD et les Verts, la mise en place d’euro-obligations. Comment expliquez-vous ces divergences de vues ?

Les euro-obligations sont la dernière pierre du fédéralisme, l’aboutissement de l’intégration monétaire, car ils mutualisent les risques et les dettes des Etats. Mais cela veut aussi dire que les autorités européennes auront un droit de regard sur les budgets nationaux puisque l’émission d’euro-obligations touche à la souveraineté budgétaire. La France n’acceptera pas que Bruxelles ait son mot à dire sur son nombre de fonctionnaires, ses investissements, entre autres. Et vues les divergences sur les politiques budgétaires, notamment sur l’harmonisation fiscale, l’Europe n’est pas prête. Il faudra avant tout convaincre les populations de la nécessité d’une Europe fédérale, car c’est ce vers quoi nous allons.

Quels sont les autres inconvénients ?

Mutualiser les risques peut encourager le laxisme budgétaire de certains pays qui se sentiront vivre sous le parapluie des Etats plus rigoureux. En outre, on assisterait à un scénario presque identique à celui lors du passage à l’euro, lorsque la Grèce, entre autres, avait profité des taux d’intérêts et des primes de risques très bas, tout en négligeant ses mesures de rigueur. L’émission d’euro-obligations aurait la même conséquence : ces pays s’abriteraient derrière le « AAA » des autres.

L’urgence n’est-elle pas de rassurer les investisseurs ?

A court-terme, les euro-obligations présentent des inconvénients. La France et plus particulièrement l’Allemagne, seraient pénalisées sur leur taux d’emprunt, aujourd’hui bien plus avantageux que celui de la Grèce ou de l’Italie. Pour les économies les mieux notées, cette mutualisation des risques est un sacrifice.

FESF ou euro-obligations ?

Il est vrai que les euro-obligations peuvent éviter de fournir trop de liquidités, prélevées du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Autre avantage, à court-terme, on arrêterait de spéculer sur les taux d’obligation des pays en difficulté, puisque les taux d’intérêts seraient unifiés. Mais ce qu’il faut en priorité c’est augmenter la capacité du Fonds européen et accroître le degré de solidarité au sein de l’Union. Les euro-obligations restent la solution extrême.

Propos recueillis par Jeanne Dussueil

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Le gendarme boursier se penche sur les méthodes de Standard & Poor’s – Economie – Nouvelobs.com

Le régulateur boursier américain a lancé une enquête sur les méthodes de calcul employées par l’agence de notations pour dégrader la note des USA.

Les enquêteurs de la SEC étudient une hypothèse du Trésor américain, qui a relevé une erreur de prévision de 2.000 milliards de dollars dans les calculs de l'agence.<br />
 (c) Afp Les enquêteurs de la SEC étudient une hypothèse du Trésor américain, qui a relevé une erreur de prévision de 2.000 milliards de dollars dans les calculs de l’agence. (c) Afp

Le régulateur boursier américain, la SEC, a lancé une enquête sur les méthodes de calcul employées par l’agence Standard & Poor’s (S&P) pour abaisser la note de solvabilité des Etats-Unis, a affirmé samedi 13 août le Wall Street Journal.

Selon le quotidien des affaires, qui cite des sources proches du dossier, la Securities and Exchange Commission (SEC) a lancé une enquête d’ampleur sur les pratiques de l’agence d’évaluation, dont celles utilisées pour décider de retirer le « AAA » de la première économie mondiale le 5 août dernier.

Une erreur de 2.000 milliards de dollars

Les enquêteurs du régulateur étudient notamment les modèles de calcul employés, contestés par le Trésor américain, qui a relevé notamment une erreur de 2.000 milliards de dollars dans les prévisions budgétaires de S&P, explique le journal.

Ils cherchent par ailleurs à déterminer quels employés de l’agence étaient au courant de la décision et de son annonce imminente, afin d’établir un possible délit d’initiés, poursuit le Wall Street Journal.

Influence des rumeurs

Des rumeurs concernant un possible abaissement de la note des Etats-Unis avaient parcouru le marché dans la journée de vendredi, entraînant un bref décrochage des indices boursiers américains. L’annonce a été rendue publique après la fermeture de Wall Street pour le week-end.

Un porte-parole de S&P interrogé par le Wall Street Journal a indiqué que tous les employés informés étaient « soumis aux pratiques et procédures concernant le traitement d’informations confidentielles et d’échanges de titres ».

Le Nouvel Observateur – AFP

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