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L’Analyse 2012 des Défaillances et Sauvegardes d’Entreprises

DÉFAILLANCES et SAUVEGARDES D’ENTREPRISES : L’ANALYSE ANNUELLE 2012

 

 

Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.  André Bercoff

" L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe "  Gustave Flaubert

« N’importe quel idiot peut peindre un chef-d’œuvre; il faut un génie pour le vendre — Rembrandt »  

 

« La crise financière en 2007 a très vite asphyxié l’économie réelle à partir de 2008 avant que le mur de la dette ne vienne rattraper les états membres de l’Union Européenne à partir de 2010 et surtout 2011.

 

En France, le niveau quasi historique des défaillances d’entreprises avait marqué de son empreinte l’année 2009 ; l’industrie payait alors un lourd tribut à la crise. 

 

L’année 2012 était annoncée comme plus sévère encore. Le bilan est pourtant là ; 2012 aura été compliquée mais les entreprises ont résisté. Moins de 60 000 entreprises ont été contraintes de déposer le bilan ; le chiffre reste très élevé mais sensiblement inférieur aux 62 300 de 2009. 

 

Les TPE de 1 à 5 salariés, plus fréquemment orientées B2C, subissent fortement l’atonie de la consommation des ménages. 26 500 ont défailli en 2012, c’est 1 000 de plus qu’en 2009.

 

Les PME d’au moins 20 salariés, généralement davantage destinées aux marchés B2B, avaient été brutalement frappées par la crise ; le nombre de défaillances explosait de 50 % sur la seule année 2009. En 2012, ces PME restent fragiles et le cap des 2 000 RJ/LJ et sauvegardes est à nouveau franchi mais ce volume est inférieur de 11 % à celui de 2009.

 

La question du financement reste au cœur des préoccupations des entreprises. L’étude trimestrielle de la Banque de France auprès des PME sur la distribution de crédits en France, relève à cet égard qu’au cours du troisième trimestre 2012, 74 % des demande de crédits de trésorerie ont été satisfaites totalement ou partiellement (78 % au deuxième trimestre).

 

Formulé différemment, cela signifie aussi qu’un quart des PME s’est vu refuser sa demande de prêt de trésorerie. Alternative à ce manque de cash, le crédit interentreprises est alors privilégié.

 

En 2012, on observe que 19 % des PME défaillantes (> 20 salariés) payaient leurs fournisseurs avec des retards supérieurs à 30 jours. Or ce transfert d’obtention de cash du banquier vers le fournisseur s’accompagne aussi d’un transfert du risque vers ce fournisseur. Rappelons-le, un quart des défaillances d’entreprises est lié à des retards de paiement. Ainsi donc, chaque année des milliers d’entreprises mettent la clé sous la porte, faute d’avoir été vigilantes sur les comportements de paiement de leurs clients. 

 

Pour retrouver le chemin de la croissance et à terme de l’emploi, les entreprises doivent se résoudre à respecter quelques consignes essentielles en tête desquelles se faire payer dans les délais par leurs clients. La gestion du poste clients et du cash donne à la gouvernance de l’entreprise l’agilité indispensable pour créer les conditions du succès. Pouvoir prendre les bonnes décisions au bon moment ! »

 

Bilan 2012 – l’Analyse annuelle des Défaillances et Sauvegarde d’Entreprises

 

Un nombre de défaillances d’entreprises élevé en 2012, mais sous le record de 2009.
Les ouvertures de RJ/LJ s’accélèrent au 4ème trimestre (+ 12,5 %) 


Comme attendu, moins de 60 000 procédures de Redressements Judiciaires (RJ) ou Liquidations Judiciaires (LJ) directes et 1 500 sauvegardes ont été prononcées par les tribunaux (+ 2,8 %) en 2012. Toutefois, la fin de l’année a été particulièrement compliquée avec plus de 16 000 procédures de RJ/LJ et 380 sauvegardes comptabilisées sur le quatrième trimestre (+ 12,6 %). 

 

En dépit d’une conjoncture pesante, 2012 n’aura donc pas établi un nouveau record de défaillances d’entreprises. En 2009, en pleine crise, 62 300 entreprises avaient dû se résigner à déposer le bilan ; en 2012, elles sont 59 780. Ce sont donc environ 2 500 entreprises épargnées et plus de 10 000 emplois sauvés. En effet, si l’ensemble des défaillances 
représentaient plus de 257 000 emplois en 2009, le nombre d’emplois menacés tombe à environ 245 000, un volume encore supérieur de 15 000 à celui de 2008, mais globalement stable sur trois ans.

 

Les sociétés de plus de 50 salariés restent fragilisées avec 558 défaillances soit 10 % de plus qu’en 2011. toutefois, la sinistralité de ces PME s’est davantage concentrée sur le premier semestre 2012 (+ 37 %) tandis que la seconde partie de l’année s’inscrit sur une meilleure tendance (- 3 %).

 

La plupart des régions sont dans le rouge et huit d’entre elles enregistrent des niveaux de défaillances record, supérieurs à ceux comptabilisés en 2009. C’est particulièrement le cas de Picardie où les ouvertures de RJ/LJ augmentent de 13 %  en 2012 et 46 % sur le dernier trimestre. Plus de 1 700 entreprises picardes ont défailli en 2012 c’est environ 700 de plus qu’avant la crise.

 

En hausse sensible (supérieure à 10 %) en 2012, les défaillances d’entreprises s’accélèrent en fin d’année (supérieures  à 20 %) dans l’immobilier, l’entretien et la réparation de véhicules automobiles, les soins de beauté et coiffure, les boucheries-charcuteries mais aussi les activités récréatives et de loisirs. Cette tendance illustre la propagation des difficultés des activités B2B fortement chahutées pendant la crise vers des métiers B2C désormais fragilisés par l’atonie de la consommation des ménages.
 

Le risque se détend en fin d’année pour les PME d’au moins 50 salariés mais s’accélère pour les TPE. De façon stable au fil des ans, l’essentiel des entreprises défaillantes en 2012 sont des micro-entreprises sans effectif ou des TPE de moins de 10 salariés. Cette année encore, elles portent 92 % (55 000) des entreprises en procédure ; un taux comparable à la représentation de ces structures dans la démographie des entreprises françaises. 
Parmi celles-ci, les entreprises sans salariés (24 500) sont les seules à enregistrer une baisse des dépôts de bilan (- 5 %). Cette performance est pourtant à la peine en fin d’année ; les défaillances repartent à la hausse (+ 9 %) sur le dernier trimestre.

 

Les structures de 1 à 5 salariés ont connu une année 2012 plus compliquée. 26 500 sont en procédure collective, c’est 10 % de plus qu’en 2011. Le dernier trimestre est plus sévère encore avec une augmentation de 17 %. 


Les TPE de 6 à 9 salariés semblent un peu mieux résister à la fois en année pleine 2012 (+ 3 %) et au cours du 4ème trimestre (+ 4 %).

 

Les PME d’au moins 10 salariés représentent donc moins d’une défaillance sur dix soit 4 500 sociétés. Parmi celles-ci, les structures de 10 à 49 salariés ont contenu sur l’année une augmentation du nombre de défaillances aux environ de 6 % en dépit d’un difficile dernier trimestre durant lequel le rythme s’accélère (+ 14 %).

 

Les PME de plus de 50 salariés affichent, à l’inverse, des tendances sur 12 mois plus sévères que sur trois mois. 482 d’entre elles ont connu un redressement ou une liquidation judiciaire en 2012, soit 18 % de plus qu’en 2011, et 80 contre 98 ont bénéficié d’une sauvegarde soit 18 % de moins qu’en 2011. La vulnérabilité est essentiellement concentrée sur le premier semestre. Sur les trois derniers mois de l’année, le nombre de RJ/LJ n’augmente plus que de 2 % tandis que le nombre de sauvegardes continue de baisser rapidement (- 19 %).

 

 

Des sociétés de plus de 15 ME€ de chiffre d’affaires en difficulté depuis longtemps.
L’analyse des défaillances sous le prisme du chiffre d’affaires confirme la moindre sinistralité des grosses PME en 2012. Le nombre de RJ ou LJ prononcés sur des sociétés de plus de 15 Me de chiffre d’affaires recule de près de 9 % en 2012 avec 145 ouvertures de procédures. Le dernier trimestre n’offre toutefois aucune tendance avec 41 jugements prononcés en 2012 comme en 2011.

 

Les deux tiers de ces grosses défaillances concernent des industriels et des commerçants, essentiellement des manufacturiers et des grossistes. Nombre d’entre eux présentaient des difficultés déjà anciennes ; 20 % n’avaient d’ailleurs pas publié de bilan depuis au moins 2009, signal généralement d’une volonté de masquer une situation délicate. Confirmation du déséquilibre financier, près de 60 % de ces grosses défaillances ne parvenaient pas à dégager une rentabilité sur leur cœur de métier. Le quart d’entre elles présentaient des fonds propres négatifs et près de la moitié une trésorerie négative.

 

En panne de cash, ces sociétés ont tenté alors de jouer sur le crédit fournisseur et retardé le règlement de leurs factures. Les deux tiers reportaient leurs paiement d’au moins 15 jours au-delà de la date de paiement initialement prévue.

 

Dans ces conditions, la pérennité de l’entreprise était compromise depuis déjà plusieurs mois, voire plusieurs années et la réduction des effectifs engagée par 60 % de ces PME n’a pas suffi à inverser le déclin. Des retards de paiement, le dernier bilan non publié, des pertes antérieures, absence de fonds propres… les indicateurs d’alertes étaient nombreux et anciens.

 

À partir de 20 salariés, le RJ est privilégié dans deux cas sur trois. 30,9 % des jugements d’ouverture prononcés par les tribunaux sont des redressements judiciaires. Ce taux, en recul de près de 1 % sur un an, varie de 22 % pour les micro-entreprises à 80 % pour les PME de plus de 100 salariés.

 
Le pivot autour duquel la proportion des RJ et des LJ directes s’équilibre est observé sur la tranche 10 à 19 salariés. Sur cette taille d’entreprises, les tribunaux ont prononcé en 2012 autant de LJ que de RJ à savoir un peu moins de 1 400. En dessous de 10 salariés, la liquidation est privilégiée au regard de la capacité de l’entreprise à réussir sa sortie de crise ; les chances de rebonds sont souvent insuffisantes.

À partir de 20 salariés, les sociétés sont généralement mieux préparées à aborder un redressement judiciaire ou offrent au tribunal une plus grande visibilité sur leur situation en cours, voire future. C’est pourquoi, les deux tiers (66 %) des sociétés employant de 20 à 100 salariés obtiennent l’ouverture d’un redressement judiciaire ; un taux porté à 80 % pour celles de plus de 100 salariés.

 

Un record de défaillances dans les entreprises âgées de 6 à 10 ans.
Plus d’une entreprise défaillante sur deux (53 %) a moins de cinq ans, mais le nombre de procédures ouvertes est stable en 2012 à 31 800. observons que depuis la mise en place de l’Auto Entrepreneur (A.E) en 2009, la création d’entreprises en dehors de ce statut est globalement stable aux environs de 260 000 par an.

 

Cette stagnation masque toutefois, une baisse du nombre de nouvelles Entreprises Individuelles (hors A.E.) depuis 2009 et à l’inverse, une hausse du nombre de nouvelles sociétés (moins de 100 000 Entreprises Individuelles, et 160 000 sociétés). 

 

Au-delà de 5 ans, les chiffres de sinistralité sont en dégradation. En particulier, sur la tranche des 6 à 10 ans correspondant aux entreprises créées à partir de 2002 période à partir de laquelle une série de mesures en faveur de la création d’entreprise ou de la transmission et reprise d’entreprise avait boosté la création (+ 10 % en 2003 et 2004). Une partie de ces entreprises se retrouvent aujourd’hui dans les procédures collectives.

 

Les défaillances d’entreprises âgées de 6 à 10 ans augmentent de 8 % en 2012 et même 22 % sur le dernier trimestre. Avec plus de 13200 procédures enregistrées sur cette tranche d’âge, l’année 2012 marque un record. 

 

Forte accélération du risque pour les sociétés par actions simplifiées.
En 2012, les deux tiers (67 %) des entreprises défaillantes se présentent sous forme de SARL et un petit quart (23 %) sous forme d’Entreprise Individuelle (E.I.) dont l’essentiel est constitué d’artisans-commerçants. Le nombre de procédures ouvertes sur des E.I est en recul sensible (- 3,8 %), en revanche la sinistralité des SARL augmente (+ 3,5 %) avec désormais plus de 40 000 jugements.


Mais c’est sur les formes Sociétés par actions simplifiés et assimilées que les évolutions sont les plus sévères (+ 25 %) avec désormais plus de 3 100 défaillances ; il y en avait moins de 1 400 en 2008.

 

Parmi les autres formes sous tension, nous trouvons les associations avec près de 800 dépôts de bilan en 2012 et les sociétés civiles immobilières (788 défaillances, + 25 %).
Les difficultés se propagent aux métiers B2C ; l’industrie manufacturière résiste bien.
Dans de nombreux secteurs, 2011 avait confirmé l’orientation favorable amorcée en 2010 après une année 2009 noire. Ce mouvement positif est stoppé en 2012 dans plusieurs secteurs, voire s’inverse.


C’est ainsi le cas, de la construction qui concentre 29 % des défaillances d’entreprises. Proches des valeurs d’avant-crise en 2011, les procédures collectives repassent au-dessus des 17 000 en 2012 (17 300) en hausse de 2,2 %.

 

L’essentiel des dépôts de bilan concerne les activités du bâtiment (15 000) mais la tendance est stable. En revanche, si l’immobilier ne porte que 2 400 procédures, ce nombre est en forte augmentation en 2012 (+ 13 %). Sur le 4ème trimestre, les chiffres s’affolent avec un secteur du bâtiment qui ressort à + 11 % et l’immobilier à + 34 %. Dans le bâtiment, les difficultés ont davantage concerné les métiers du second œuvre pendant que dans l’immobilier les dépôts de bilan se concentrent dans les agences immobilières qui comptabilisent 787 jugements en 2012 (+ 23 %) dont 222 en fin d’année (+ 27 %).

 

Le commerce est le deuxième gros poste des procédures collectives avec 23 % des jugements. Dans ce secteur, le regain des défaillances avait démarré dès 2011, il se poursuit en 2012. La hausse est limitée à + 1,5 % sur un an grâce à la résistance de la vente de détail (+ 0,4 %) qui concentre 60 % des dépôts de bilan du commerce. Le commerce interentreprises (gros) demeure dans le vert en 2012 (- 1 %) tandis que le commerce et la réparation de véhicules reste mal orienté (+ 10 %). 

 

Dans ce dernier, la réparation de véhicules automobiles comptabilise 841 défaillances (+ 11 %) et le commerce de véhicules automobiles 756 (+ 9 %) ; ces deux métiers sont encore plus lourdement touchés en fin d’année où la hausse des dépôts de bilan dépasse 20 %. Dans la vente de détail, les boucheries enregistrent une forte dégradation (+ 19 %) avec 434 défaillances ; les tendances sont également lourdes en 2012 pour les parfumeries (+ 28 % ; 145) et la VPC (+ 16 % ; 124). 

 

Les services aux entreprises avaient enregistré plus de 7 300 RJ/LJ en 2009 ; depuis, le secteur ne parvient pas à redescendre sous le seuil des 7 000 et a fortiori retrouver un volume d’avant crise à 5 000 unités à l’année.

En 2012, la hausse est de 2,4 % pour 7 359 dépôts de bilan. Les tendances sont sévères dans des activités scientifiques et techniques comme l’ingénierie (+ 13 %) ou les régies publicitaires (+ 12 %) mais plus encore dans des activités plus administratives telles que les services de nettoyage de bâtiments (+ 19 %) ou les agences de voyages (+ 28 %). Sur le 4ème trimestre, l’ensemble des services aux entreprises dérape de 11 % et notamment les activités de conseil pour les affaires (+ 18 %).

 

L’industrie offre davantage de résistance que les autres secteurs. Les défaillances d’industriels reculent de 1 % en 2012 après une baisse en 2011 et en 2010.

L’agroalimentaire semble plus difficilement orienté avec une hausse de 7 % mais cette évolution est principalement tirée par les artisans de métiers de bouche comme les boulangers pâtissiers qui représentent 941 dépôts de bilan (+ 8 %) ou les charcutiers (92, + 18 %).

L’industrie manufacturière fait mieux que résister avec un nombre de défaillances d’entreprises (3 000) encore en légère baisse en 2012 (- 1 %) mais surtout à un niveau historiquement bas. La plupart des métiers industriels sont dans le vert, mais quelques-uns souffrent encore beaucoup, c’est le cas de la fabrication de vêtements de dessus (189 défaillances ; + 13 %), la mécanique industrielle (132 ; + 16 %) ou la fabrication de charpentes (103 ; + 24 %).


C’est dans le transport et la logistique que le retournement 2012 est le plus sensible. En forte baisse en 2011, les défaillances d’entreprises remontent de 11 % en 2012 à 1 953 procédures. Si le transport de fret interurbain est encore dans le vert en 2012 (- 2 % et 418 sociétés), le fret de proximité dérape de plus de 13 % avec 961 procédures ouvertes. 
Dans les autres activités de transport, nous noterons la lourde tendance pour les taxis (136 défaillances soit + 46 %). Si le 4ème trimestre a été plus calme pour le fret de proximité (+ 5 %), en revanche la pression demeure pour les taxis qui comptent sur trois mois 41 dépôts de bilan (+ 71 %).

Dans les métiers de l’information et de la communication, les tendances lourdes se concentrent dans l’informatique. 
345 sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques ont défailli en 2012, c’est 15 % de plus qu’en 2011 ; dans la programmation informatique, elles sont 277 soit + 14 %. Dans la communication, les volumes sont moindres mais 
certaines évolutions sont sévères comme dans la production de films pour le cinéma (60 défaillances soit + 15 %) ou la post-production de films dont le nombre de dépôts de bilan a doublé sur un an (33 ; + 106 %).

Le secteur des C.H.R est à la peine avec une augmentation du nombre de défaillances de 9 % dans l’hébergement en 2012  ou 8 % dans la restauration. Seuls les débits de boisson résistent (- 2 %) en 2012 mais la fin de l’année a été compliquée et les défaillances de cafés augmentent de 22 %. Les difficultés de la restauration concernent autant les restaurants rapides que traditionnels. Avec plus de 5 300 défaillances à l’année, le secteur de la restauration enregistre là un niveau historique dépassant le record de 5 000 défaillances établi en 2009.


Illustrant les tensions des activités B2C, les services aux particuliers affichent des évolutions fortes en particulier dans les métiers de la coiffure (872 défaillances soit + 14 % et des soins de beauté (491 ; + 32 %). L’ensemble de l’activité coiffure-soins de beauté et corporel atteint, comme la restauration, un niveau historiquement haut avec plus de 1 500 dépôts de bilan ; c’est 3 fois plus qu’il y a 10 ans.


Dans les autres activités destinées principalement aux particuliers, celles de l’action sociale et santé humaine avaient connu une très forte dégradation en 2011. En 2012, la situation de ce secteur reste tendue avec une baisse des défaillances de seulement 3 %, maintenant ainsi le nombre de défaillances d’entreprises très au-dessus du seuil des 800 annuels franchi en 2011. Parmi ces métiers de l’action sociale, on trouve l’aide à domicile qui a enregistré 149 défaillances en 2012 soit + 10 % sur un an.

 

Les records de défaillances de 2009 sont dépassés en 2012 dans huit régions.
Une douzaine de régions avait poursuivi ou amorcé une baisse du nombre des défaillances d’entreprises en 2012. Seule la Picardie restait dans le rouge.

 

Les régions qui signent un nouveau record de défaillances :
2009 est le marqueur fort de l’épisode douloureux de la crise. toutes les régions avaient, depuis, entamé une diminution du nombre des défaillances sans pourtant retrouver les niveaux de 2007. La Picardie faisait exception et n’a cessé d’enregistrer chaque année une dégradation. 2012 est encore particulièrement sévère avec une hausse des dépôts de bilan de 13 %, rythme comparable à celui observé en 2009.

La région établit donc un nouveau record de sinistres avec plus de 1 700 dépôts de bilan soit 66 % de plus qu’en 2007 (1 030). La fin de l’année, délicate pour la plupart des régions, n’épargne pas la Picardie qui enregistre plus de 500 défaillances sur le dernier trimestre soit une hausse de 46 % par rapport au même trimestre 2011. Le secteur de la construction et plus précisément de l’immobilier est en première ligne avec la défaillance de 185 structures essentiellement des sociétés civiles immobilières sur le dernier trimestre.

 

Parmi les autres régions enregistrant des records de défaillances figurent les régions Basse-Normandie (1 191), Haute-Normandie (1 367), Centre (2 194), Midi-Pyrénées (2 571) et Languedoc-Roussillon (3 340). Dans ces régions, le nombre de dépôts de bilan évolue peu depuis 2009 mais la hausse constatée en 2012, quoique contenue entre 2 % et 5 %, conduit
à établir de nouveaux records de sinistralité.
Bourgogne et Champagne sont elles-aussi mal orientées avec des augmentations de 12 % (1 416) et 19 % (1 061) en 2012 et signent des volumes de défaillances supérieurs à ceux de 2009.

 

Les régions en dégradation mais sous les niveaux de 2009 :
La Franche-Comté (991 ; + 1 %) ; le Limousin (696 ; + 3 %), la Lorraine (1 969 ; + 4 %), Poitou-Charentes (1 531 ; + 2 %) enregistrent des hausses de défaillances modérées en 2012 et contiennent le nombre des dépôts de bilan en dessous des volumes de 2009.
L’Auvergne (929 ; + 14 %) et la Corse (320 ; + 10 %) n’établissent pas de nouveaux records de défaillances mais l’augmentation est forte.

 

Le nombre de procédures collectives se stabilise depuis 2009 aux environs de 3 300 en Nord-Pas de Calais (+ 3 % en 2012) et 2 700 en Pays-de-la-Loire (+ 1 % en 2012).
Parmi les régions plus importantes, l’Aquitaine affiche 3 210 défaillances d’entreprises (+ 3 %), Provence-Alpes-Côte-D’Azur 6 168 (+ 1 %) et Rhône-Alpes 6 258 (+ 7 %). Cette dernière avait enregistré une bonne année en 2011 avec de dépôts de bilan retombés sous la barre des 5 900 après un très lourd exercice 2009 au cours duquel les défaillances d’entreprises avaient explosées de 22 % à plus de 6 600 procédures.

 

Les régions où les défaillances d’entreprises reculent en 2012 :
L’Alsace et la Bretagne font preuve d’une bonne résistance avec une baisse du nombre de dépôts de bilan respectivement de 1 % et 2 %. Toutefois, cette performance intervient après une année 2011 délicate durant laquelle les défaillances
d’entreprises avaient augmenté de 3 % et 4 %.
L’Île de France se distingue par un recul du nombre de dépôts de bilan de 1 % à 11 383, chiffre désormais proche de celui d’avant crise (11 278 en 2007).

 

Sur le quatrième trimestre, aucune région n’échappe au retournement. Si Provence-Alpes-Côte-D’Azur résiste encore (+ 2 %), l’Île-de-France, Midi-Pyrénées, Haute-Normandie ou la Corse peinent à contenir la hausse sous les 10 %. Auvergne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Picardie et Poitou-Charentes dérapent de plus de 20 %. Les autres régions affichent une
dégradation comprise entre 10 % et 20 %.

 

 


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